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La mise en œuvre de l’Accord politique global signé en février 2009 entre le parti du président Robert Mugabe, l’Union nationale africaine du Zimbabwé-Front patriotique (ZANU-PF), et le Mouvement pour la démocratie (MDC) de Morgan Tsvangirai, désormais Premier ministre, se révélait difficile. Alors que l’accord prévoyait la rédaction d’une nouvelle Constitution devant être soumise à référendum à l’été 2010 et la tenue d’un scrutin présidentiel début 2011, d’importants retards ont fragilisé ce calendrier. Ainsi, les deux commissions (électorale et des droits de l’homme) devant piloter le processus électoral ne sont devenues effectives qu’au printemps 2010. En outre, la consultation de la population, lancée en juillet 2010, a été marquée par des actes de violence et d’intimidation à l’encontre des partisans du MDC, dont la ZANU-PF était accusée. L’Accord politique global était également fragilisé par l’attribution de plusieurs postes clés (ambassadeurs, gouverneurs de province et juges) par le président Mugabe, sans consultation avec M. Tsvangirai. Cette cohabitation heurtée ralentissait d’autant les réformes, notamment économiques.
Ainsi, bien que le partage du pouvoir en 2009 ait permis de stopper la récession économique, ces difficultés politiques empêchaient une relance décisive reposant notamment sur le soutien des pays occidentaux. Malgré une croissance économique estimée à 5 % en 2010 et un enrayement de l’hyperinflation, le Zimbabwé restait confronté à une dette très importante, de près de 6 milliards de dollars, qu’il demeurait incapable de rembourser. Or la lenteur des réformes a conduit les États-Unis et l’Union européenne (UE), en avril 2010, à reconduire d’une année leurs sanctions, privant ainsi le Zimbabwé de toute possibilité de négocier sa dette au plan international. En outre, l’entrée en vigueur en mars 2010 de la loi sur l’indigénisation a fragilisé les investissements étrangers dans le pays, tandis que certaines firmes internationales ont suspendu leurs projets d’investissement. Cette loi, qui divisait profondément le gouvernement, obligeait les entreprises étrangères ayant un capital supérieur à 500 000 dollars à vendre 51 % de ce capital à des Zimbabwéens d’ici à 2015.
Les conditions de vie restaient ainsi très difficiles, plus de 9 Zimbabwéens sur 10 étant au chômage. Des grèves importantes des fonctionnaires, revendiquant une augmentation des salaires, se sont répétées tout au long de l’année. Facteur aggravant, la faiblesse des pluies a conduit à une crise alimentaire, qui a touché près de 2,2 millions de personnes.
La communauté internationale, Afrique du Sud en tête, continuait néanmoins de soutenir le processus de normalisation politique et économique. Le retour du droit de vote du Zimbabwé au sein du Fonds monétaire international (FMI), après sept ans d’exclusion, ainsi que l’octroi d’environ 150 millions d’euros par l’UE en faveur de projets de développement, à l’automne 2010, en ont été des manifestations.
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