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La perspective des élections présidentielle et législatives d’octobre 2011 a accéléré la recomposition de la scène politique zambienne. Le président Rupiah Bwezani Banda, du Mouvement pour la démocratie multipartite (MMD), a multiplié les remaniements tant au sein de son gouvernement que de son cabinet. Ainsi, en mai 2010, le ministre de l’Intérieur, Lameck Mangani, a été remercié au profit d’un proche du chef de l’État, Mkhondo Lungu. De même, fin septembre, trois portefeuilles ministériels ont été interchangés et le cabinet présidentiel a été renforcé avec la nomination de Chriticles Mwansa. Par ailleurs, le président Banda a continué sa reprise en main des forces de sécurité et de défense avec de nombreuses nominations aux postes clés de commandement.
Ces changements de personnel politique et administratif sont intervenus alors que le débat politique se focalisait essentiellement sur la réforme constitutionnelle. Lancée en 2007 par le défunt président Levy Mwanawasa, et conduite depuis par la Conférence nationale pour la Constitution (NCC), cette réforme prévoyait notamment l’élection à la majorité absolue du président de la République et une limitation de ses pouvoirs. Toutefois, l’adoption de cette réforme a fortement accentué les tensions entre le gouvernement et l’opposition. Sa validation par référendum, envisagée par le président Banda, risquait de retarder l’organisation du scrutin présidentiel, option inenvisageable pour les partis d’opposition.
Parallèlement, la stratégie d’alliance définie en juin 2009 entre les deux principales forces d’opposition, le Front patriotique (PF) et le Parti uni pour le développement national (UPND), s’est révélée fructueuse. L’UPND a remporté deux nouveaux sièges au Parlement au détriment du parti présidentiel lors d’élections partielles en avril et octobre 2010, respectivement dans la province du Nord-Ouest et à Lusaka.
Cette compétition politique s’organisait dans un contexte de développement économique soutenu. La forte demande internationale de cuivre et de cobalt, ainsi que leurs prix élevés ont de nouveau assuré au pays une forte croissance économique, estimée à 7,5 % en 2010. Les investissements étrangers, notamment dans le secteur minier, ont doublé par rapport en 2009 (2,4 milliards de dollars en 2010). Dans ce cadre, la coopération avec la Chine, premier investisseur en Zambie, s’est poursuivie, avec la visite du président Banda à son homologue chinois en mars 2010. En outre, la ligne de chemin de fer régionale (Zambie-Malawi-Mozambique) a été inaugurée en août 2010.
Les conditions de vie demeuraient néanmoins difficiles, malgré la très bonne récolte de maïs. Les conditions de travail dans le secteur minier étaient régulièrement dénoncées, tandis que l’augmentation des prix, estimée à 8 % en 2010, restait élevée. Le gouvernement a néanmoins poursuivi le développement des infrastructures et des services publics, notamment dans la « ceinture du cuivre », avec le lancement en août 2010 d’un vaste programme d’accès à l’eau potable.
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