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Le Turkménistan, en dépit des promesses de réformes du président Gourbangouly Berdymoukhammedov, ne laissait transparaître aucune marge d’autonomie à la société civile ni à l’expression de critiques à l’encontre de la politique gouvernementale. L’autorisation de créer un second parti, celui des Agrariens, accordée début 2010, n’a pas changé la donne puisque ceux-ci avaient pour mission de valoriser la politique agraire du président en zones rurales et ne se présentaient pas comme une opposition.
La très faible redistribution de la rente gazière et l’immense corruption des élites maintenaient les populations dans une situation de crise sociale : la sécurité alimentaire restait fragile en zones rurales, particulièrement pour les enfants ; l’accès à l’éducation et à la santé était officiellement gratuit mais officieusement payant, donc refusé aux plus pauvres ; les prix des produits de première nécessité ont brutalement augmenté dans le courant de l’année.
Comme pour son voisin ouzbek, les relations semblent s’être particulièrement réchauffées en 2010 entre le Turkménistan et les États-Unis, ces derniers voyant une opportunité d’utiliser le pays comme voie de transit pour le matériel destiné aux opérations militaires en Afghanistan. Le cas turkmène n’était cependant pas uniquement lié à la situation afghane, mais également aux efforts de l’Occident, en particulier de l’Union européenne, pour ouvrir le marché du gaz aux intérêts occidentaux : les firmes allemandes et américaines étaient dorénavant en piste pour obtenir des licences d’exploration et d’exploitation, et Bruxelles espérait qu’Achkhabad tiendrait sa promesse d’alimenter, ne serait-ce que modestement, le gazoduc Nabucco. Un autre projet énergétique cher aux États-Unis, le gazoduc TAPI (Turkménistan-Afghanistan-Pakistan-Inde), a également fait des progrès avec la signature d’un nouvel accord entre les quatre États, censé donner vie au gazoduc d’ici à 2017, bien que la sécurisation des fonds et des sociétés participantes ne fût pas encore garantie.
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