Timor Leste 2010-2011  

Frédéric Durand 
Mise en ligne : septembre 2011

La consolidation de la stabilité

Devenue un État à part en entière en 2002, après 25 années d’occupation par l’Indonésie, la République démocratique de Timor-Leste arrivait à son 10e anniversaire d’indépendance. Les craintes qui avaient resurgi de 2006 à 2008, suite à des troubles internes ayant amené le retour d’une force internationale, se sont dissipées. Sous la présidence du prix Nobel de la paix José Ramos-Horta et de son Premier ministre « Xanana » Gusmão, le pays a su amorcer un virage vers la stabilité politique et économique. Le gouvernement au pouvoir depuis 2007 a su gérer une augmentation sensible du budget liée aux royalties des hydrocarbures. Le pays, qui comptait un million d’habitants, disposait désormais de 7 milliards de dollars placés dans une banque américaine. Cet argent a permis une meilleure distribution des revenus, via des pensions aux anciens combattants et aux plus démunis, et la mise en place d’un fonds décentralisé. Tous les indicateurs se sont ainsi améliorés. Selon le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), le pays a gagné 38 places dans le classement mondial établi sur la base de l’indice de développement humain (IDH) entre 2004 et 2010. Dans ce contexte, le Premier ministre a pu établir un nouveau plan de développement 2010-2030 mettant l’accent sur les services à la population, avec comme mot d’ordre : « Du conflit à la prospérité ».

En mars 2011, l’ONU a confirmé ce retour à la stabilité en rétrocédant le contrôle de la police au gouvernement. Une force internationale devait toutefois se maintenir au moins jusqu’en mai 2012. En effet, 2012 s’annonçait particulièrement sensible avec de nouvelles élections législatives et présidentielle. En 2007, le Front révolutionnaire pour l’indépendance de Timor oriental (Fretilin), le parti de l’indépendance alors au pouvoir, était arrivé en tête mais n’avait pas pu former une coalition majoritaire. Il avait été obligé de se retirer face au Congrès national pour la reconstruction de Timor (CNRT) de Gusmão, dans une ambiance de confrontation. 2012 pourrait donc voir le retour de tensions, si les deux partis se retrouvaient de nouveau au coude à coude.

Sur la scène internationale, l’horizon s’annonçait très prometteur. En février 2011, l’Indonésie, ancienne puissante occupante, a déclaré officiellement son soutien à la candidature de Timor-Leste pour intégrer l’ANSEA. Parallèlement, en mars 2011, le pays est devenu membre observateur de l’association mélanésienne « Fer de lance », confirmant sa double appartenance à l’Asie du Sud-Est et à l’espace Pacifique.

Pour avoir accès à 30 ans d'analyses et de données (statistiques, cartes, chronologies, etc.) sur ce pays et sur bien d'autres questions nationales et internationales, abonnez-vous à l'Encyclopédie de l'état du monde.