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Les élections générales de 2010 se sont tenues dans le calme. Âgé de 60 ans, le président sortant, Jakaya Kikwete, a été réélu pour un second et dernier mandat avec 61 % des suffrages (contre 80 % en 2005). Les élections se sont déroulées normalement aussi à Zanzibar, archipel semi-autonome souvent en proie à la violence. À noter, l’élection inédite d’un député albinos, dans un pays où des dizaines d'albinos avaient été tués depuis le début d'une vague de crimes rituels, en 2007.
Les élections du 31 octobre ont toutefois marqué un progrès de l'opposition au Parlement, au détriment du puissant parti officiel, le Chama Cha Mapinduzi (CCM) ou Parti de la révolution. Certes, le président sortant avait à son bilan la lutte contre la corruption, l’investissement dans l’éducation primaire, la promotion de l’égalité des sexes ou encore un meilleur accès de la population urbaine à l’eau. Mais la hausse des prix des produits de première nécessité et du pétrole, la stagnation du niveau de vie, de fréquentes coupures de courant et des restrictions à la liberté d'expression et de rassemblement entretenaient le mécontentement social. Par ailleurs, la faible place du secteur privé dans l’économie nationale et les carences de l’administration fiscale ne contribuaient guère à l’amélioration du climat des affaires.
De fait, l’année 2011 s’est ouverte sur un épisode sanglant : le 5 janvier, deux personnes ont été tuées par la police lors d'un rassemblement du Chadema, le principal parti d'opposition, à Arusha, dans le nord du pays, pour protester contre le résultat des élections municipales dans cette ville, et plus largement contre la « corruption » du régime. Les derniers affrontements meurtriers entre des manifestants et la police remontaient à 2001. Heureusement, les violents heurts de janvier sont restés isolés.
La crise énergétique constituait un des grands défis à relever pour le gouvernement. Seuls 12 % des Tanzaniens avaient accès au réseau électrique (2 % dans les zones rurales) et quelque 90 % de la population dépendaient du bois et du charbon de bois pour chauffer leur nourriture. Le bois étant aussi utilisé pour la préparation du tabac et des briques artisanales, la déforestation constituait un problème majeur. La couverture forestière a chuté de 20 % entre 1990 et 2010, soit d’environ 8 millions d’hectares. Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a d’ailleurs lancé un projet pilote pour réduire l’usage du bois de 50 %.
Autre problème récurrent, celui de la piraterie maritime. Le long des côtes tanzaniennes, des bateaux de diverses nationalités faisaient l’objet d’attaques violentes et de prises d’otages de plus en plus fréquentes depuis septembre 2010. Les grandes routes maritimes et le cabotage étaient menacés. Ces actions étaient en majorité le fait de pirates venus des côtes somaliennes.
À l’extérieur, la Tanzanie assurait la présidence de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE) dont elle avait promu la renaissance en 1999. L’Union douanière est entrée dans sa phase définitive en 2010.
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