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En 2010, la réinstallation de la population tamoule, déplacée par la guerre contre les Tigres de libération de l’Eelam tamoul (LTTE) dans la région du Vanni, constituait la priorité du président Mahinda Rajapakse, à la tête de l’Alliance du peuple uni pour la liberté (UPFA). Au mois de mars 2011, la grande majorité des personnes affectées par le conflit avaient quitté les camps de déplacés pour regagner leur région d’origine. Toutefois, les questions du déminage et des zones de haute sécurité militaire continuaient d’empêcher une partie d’entre elles de regagner leur lieu de résidence. Sur le plan politique, le gouvernement du pays préconisait la réhabilitation, le développement des infrastructures et la relance économique comme solutions premières à la réconciliation. Au mois de mars 2011, plusieurs milliers de Tamouls, présumés membres ou proches des LTTE, avaient quitté les camps de détention et de réhabilitation gérés par les autorités. Mais le sort d’une grande partie restait pendant.
Dans l’opposition, des voix s’élevaient toutefois pour dénoncer la dérive autoritaire du régime du président Rajapakse et l’absence d’une solution politique effective au conflit. En septembre 2010, le vote d’un 18e amendement à la Constitution a annulé la limitation du nombre de mandats présidentiels, tandis que les forces armées comptaient près de 150 000 membres. Au sein de l’Alliance nationale tamoule (TNA), la principale formation politique d’opposition tamoule, qui avait reconnu les LTTE comme seuls représentants de la minorité tamoule, des divergences voyaient cependant le jour. Plusieurs députés de l’Alliance avaient choisi de rejoindre le gouvernement ou se disaient prêts à discuter de l’implémentation d’une version améliorée du 13e amendement, entériné par l’accord indo-sri-lankais de 1987, comme solution au conflit. En revanche, la frange la plus nationaliste récusait un retour aux conditions de 1987 et prônait l’avènement d’un État fédéral tamoul aux pouvoirs accrus.
Sur la scène internationale, de nombreux acteurs dénonçaient les limites de l’indépendance de la commission Enseignements et Réconciliation (LLRC) mise en place en mai 2010 par le président Rajapakse, et continuaient de faire pression pour que toute la lumière soit faite sur les violations présumées des droits de l'homme dans la dernière phase de la guerre. En juin 2010, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, avait désigné un groupe d'experts pour conseiller la commission sur les incidents allégués. Toutefois, le gouvernement sri-lankais dénonçait une politique internationale de droits de l’homme à double standard et comptait largement sur la Chine, la Russie, l’Iran et l’Inde pour soutenir sa politique domestique de développement. En 2011, la Banque centrale sri-lankaise estimait que la croissance économique devait encore s’accélérer, pour atteindre 8 %, avec une hausse du tourisme et des investissements étrangers.
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