Slovaquie 2010-2011  

Roman Krakovský 
Mise en ligne : septembre 2011

Nouveau gouvernement, anciens combats

Les élections législatives de juin 2010 ont marqué l’échec de la coalition populiste et nationaliste du Premier ministre sortant Robert Fico. Son parti SMER (sociaux-démocrates) n’a remporté que 34 % de votes. Le Mouvement pour la Slovaquie démocratique (HZDS) de l’ex-Premier ministre Vladimir Meciar n’a, lui, pas dépassé les 5 % requis pour entrer au Parlement, et le parti nationaliste de Jan Slota a obtenu seulement 5,07 %. Iveta Radicová, à la tête du parti centre droit/démocrate-chrétien (SDKU-DS, 15,42 %), a formé un gouvernement de coalition libéral qui, avec une majorité parlementaire de 79 sièges sur 150, a prôné une politique de concorde nationale et ethnique. De nouvelles forces politiques ont fait leur entrée au Parlement : le parti de la minorité hongroise Most-Hid (8 %) et le parti libéral SAS dont le succès électoral (12 %) a reposé en grande partie sur la mobilisation des réseaux sociaux Facebook et Twitter.

La principale tâche du nouveau gouvernement était l’assainissement des finances publiques. En 2010, le déficit public a atteint 6,8 % du PIB, suivant la récession de l’année précédente (– 4,7%). Les politiques d’austérité se sont accompagnées du renforcement de la transparence dans l’attribution des marchés publics et de la réforme du système judiciaire. La désignation conflictuelle d’un nouveau procureur général a failli provoquer la démission de Radicová en automne 2010, et se trouvait au point mort début 2011. La campagne anticorruption a mis en cause Mikulas Dzurinda, le nouveau ministre des Affaires étrangères, et Stefan Harabin, président de la Cour suprême. La gestion opaque des fonds européens continuait à envenimer le débat public. En août 2010, le pays a refusé de participer au plan d’aide de l’Union européenne à la Grèce, sous prétexte que celle-ci n’avait pas respecté les engagements de la Zone euro.

Les relations avec la Hongrie se sont aggravées après la victoire en Hongrie de Viktor Orbán, en avril 2010. L’entrée en vigueur en janvier 2011 d’une loi accordant la citoyenneté hongroise aux nationaux vivant à l’étranger a été très mal accueillie en Slovaquie, où vit une forte minorité hongroise L’assassinat d’une famille rom à Bratislava, en août 2010, a posé la question de la capacité du pays à intégrer une minorité qui représente 10 % de la population mais seulement 3 % des diplômés de l’enseignement secondaire, et dont 60 % des enfants sont scolarisés dans des établissements destinés aux handicapés.

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