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L’élection présidentielle de mars 2012 est restée au cœur de l’actualité. Le 28 octobre 2010, le président Abdoulaye Wade annonçait enfin qu’il serait le candidat du Parti démocratique sénégalais (PDS) et, en juin 2011, il proposait une nouvelle réforme constitutionnelle instaurant une candidature en ticket. La désignation de Karim Wade comme colistier a fait l’objet de toutes les spéculations, de même que le passage à un scrutin à un tour, jugé plus favorable au président sortant face à l’érosion de sa popularité. Des protestations ont immédiatement éclaté à travers le pays.
La coalition d’opposition Bennoo Siggil Sénégal (BSS) tentait d’aller vers une candidature unique autour d’un programme commun et d’une nouvelle Constitution d’orientation parlementaire. Mais, du dehors comme du dedans, certaines figures ont rompu l’unité et annoncé leur candidature, de Macky Sall à Talla Sylla en passant par Cheikh Tidiane Gadio. Idrissa Seck, exclu du PDS en avril 2011 du fait de son opposition à la candidature de Wade, a allongé la liste des concurrents en se déclarant candidat le 30 juin.
La reprise mondiale, le règlement de la dette interne de l’État, la bonne santé de l’agriculture ainsi que la relance du secteur des phosphates par des investisseurs indiens ont permis un retour de la croissance en 2010 et 2011. Mais l’industrie et les services ont souffert des coupures de courant. Autour d’un super-ministère dirigé par Karim Wade, un plan d’urgence dans le domaine de l’énergie a été annoncé, en complément d’un plan de développement des infrastructures. Tout cela contenait mal le mécontentement de la population, en particulier dans les villes, affectées par les coupures de courant et le prix élevé des produits de première nécessité.
Malgré les tensions récurrentes avec les bailleurs de fonds sur la gouvernance, Dakar restait un partenaire incontournable. L’assouplissement envisagé en septembre 2010 du code des marchés publics a ainsi suscité une levée de boucliers, obligeant le pouvoir à reculer, mais le même mois une aide américaine de 540 millions de dollars a été activée et, en décembre, le FMI signait un nouvel accord triennal avec le pays. A. Wade maintenait un nationalisme africain démonstratif, organisant en décembre 2010 la 3e édition du célèbre festival mondial des Arts nègres, appelant l’ONU à une gouvernance globale des produits agricoles et critiquant la Cour pénale internationale. Il n’en a pas moins été un soutien déclaré d’Alassane Ouattara dans la crise ivoirienne et a mis en scène sa rupture avec Mouammar Kadhafi en juin 2011.
En Casamance, le processus de paix restait bloqué. Un front séparatiste s’est un temps réactivé à la frontière bissau-guinéenne et une autre faction a intensifié ses opérations depuis la frontière gambienne. Après l’interception au Nigéria, le 31 octobre 2010, d’armes iraniennes officiellement en route pour la Gambie, mais probablement destinées aux séparatistes, Dakar a rompu ses relations avec Téhéran et exercé des pressions sur son voisin gambien, obtenant une accalmie.
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