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Alors que les élections législatives de mai 2010 avaient sanctionné les grands partis à l’issue d’une campagne où s’étaient exprimées des formations fort critiques à l’égard des hommes politiques tchèques, la vie politique est restée émaillée de scandales, de démissions et de motions de censure. La coalition entre le Parti civique démocratique (ODS), le TOP 09 et Affaires publiques y a résisté, bien que le Parti social-démocrate (ČSSD) ait remporté les élections municipales et sénatoriales partielles d’octobre 2010.
Le président Václav Klaus, qui restait la personnalité politique la plus populaire, a rappelé en janvier 2011 la nécessité d’une politique d’austérité et de la poursuite des réformes (retraites, déficit budgétaire, lutte contre la corruption).
Une forte grogne sociale a par ailleurs secoué le pays. Alors que les médecins avaient obtenu une hausse de salaires en février 2011, les syndicats ont quitté en avril les négociations tripartites pour dénoncer le manque de communication entre les partenaires, et ont annoncé un mouvement social pour fin mai.
Sur le plan européen, V. Klaus restait critique à l’égard des « pays qui ont vécu au-dessus de leurs moyens » et du traité de Schengen. Le Premier ministre Petr Necas a plaidé en janvier 2011 pour l’adoption de l’euro, mesure à laquelle 77 % des Tchèques s’opposaient. Le pays, qui ne sollicitait pas suffisamment les fonds structurels européens, a paradoxalement été condamné en première instance par la CJCE pour avoir utilisé le « Phare » (un programme d’aides financières versées en période de préadhésion) après son adhésion/entrée dans l’Union européenne. Prague a cependant obtenu une aide du Fonds européen d’ajustement à la mondialisation (FEM) suite au licenciement de nombreux salariés par Unilever en 2009-2010. Pour ses vingt ans, le Groupe de Visegrad (République tchèque, Slovaquie, Hongrie et Pologne) a relancé l’idée d’un partenariat oriental et a suivi le gouvernement tchèque dans son soutien à l’opposition biélorusse. Il a aussi évoqué la question du nucléaire.
Alors que le passé communiste animait encore les débats autour des biens de l’Église et de l’appartenance des juges au Parti communiste avant 1989, le ministre des Affaires étrangères Karel Schwarzenberg a proposé à la Tunisie et à l’Égypte des « instructions sur la manière de s’acquitter ou de ne pas s’acquitter à l’égard du régime partant, sur la façon de traiter les criminels liés au passé ». Le refus de Prague d’intervenir en Libye a fait l’unanimité dans la classe politique, qui soutenait l’opération de l’OTAN mais ne proposait qu’une aide humanitaire.
En dépit d’un chômage de 7 %, inférieur à la moyenne de l’Union européenne, les Tchèques redoutaient majoritairement de perdre leur emploi et ressentaient une forte incertitude. Les indicateurs économiques signalaient pourtant une bonne résistance à la crise avec une hausse du PIB de 2,2 % en 2010, une augmentation de 10,5 % de la production industrielle (due essentiellement à l’automobile, à la métallurgie et à la mécanique) et une reprise des exportations.
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