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La victoire du Parti socialiste (PS) aux législatives de septembre 2009 avait permis au Premier ministre José Sócrates, au pouvoir depuis 2005, d’entamer un second mandat à la tête du gouvernement portugais. Il avait toutefois perdu la majorité parlementaire dont il disposait auparavant, et c’est avec difficulté qu’il avait fait voter, en janvier 2010, un budget de rigueur pour ramener le déficit public établi à 9,4 % du PIB en 2009 à 3 % en 2013.
Alors que les premières mesures d’austérité commençaient à être appliquées, le Portugal a été rattrapé par la crise de la dette souveraine qui avait d’abord frappé la Grèce et l’Irlande. Sous la pression des marchés, et alors que les principales agences financières de notation déclassaient le Portugal, le gouvernement a présenté un volet de mesures complémentaires, entérinant une politique de contention des dépenses (la TVA est passée à 21 %).
La hausse du chômage s’est accentuée, battant de nouveaux records historiques : de 10,1 % fin 2009, il a atteint le taux de 11,2 % en février 2011. Parallèlement, la déflation observée en 2009 (0,8 %) a laissé place à une reprise de l’inflation (1,4 %). Le Portugal a réussi à honorer ses remboursements de dette obligataire malgré des taux en augmentation constante, mais le budget de l’État adopté en novembre 2010 avec le soutien du Parti social-démocrate (PSD, principal parti de droite dans l’opposition) ne déviait pas de la politique de contention des dépenses. Ce budget, considéré comme le troisième programme d’austérité en un an, a repris et développé des mesures impopulaires dans la fonction publique (diminution de 5 % des salaires égaux ou supérieurs à 1 500 euros bruts), réduit les allocations familiales et supprimé les avantages fiscaux ou sociaux. Le 24 novembre, une grève générale intersyndicale, inédite depuis vingt-deux ans, a mobilisé 3 millions de travailleurs (chiffres des syndicats). Cela n’a pas dissuadé le gouvernement d’appliquer dès janvier 2011 les mesures difficiles mais, contre toute attente, les marchés ont maintenu la pression et les émissions de dette du Portugal sont devenues de plus en plus coûteuses.
J. Sócrates a alors tenté d’imposer un nouveau programme d’austérité mais, désavoué par l’opposition parlementaire, il a soumis sa démission le 23 mars 2011. Le président Anibal Cavaco Silva (réélu le 23 janvier 2011) a dissous l’Assemblée nationale le 31 mars et a fixé au 5 juin les élections législatives anticipées. Le 7 avril 2011, J. Sócrates, qui restait en poste en attendant cette échéance, s’est résigné à faire appel à l’aide internationale de l’Union européenne et du Fonds monétaire international.
Conformément aux prévisions, les élections du 5 juin ont vu la victoire du PSD (38 % des voix contre 28 % au PS), dont le dirigeant Pedro Passos Coelho, nommé Premier ministre, s’est dit décidé à poursuivre la politique d’austérité pour rétablir l’économie du pays.
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