Panama 2010-2011  

David Garibay 
Mise en ligne : septembre 2011

Le président Ricardo Martinelli critiqué

La deuxième année du mandat de Ricardo Martinelli a été marquée par des tensions importantes. Sa popularité s’est rapidement dégradée. La rhétorique entrepreneuriale du président, ses décisions autoritaires et l’absence de dialogue ont suscité de nombreuses critiques. La réforme du code du travail, qui a affecté les conditions de la syndicalisation et du droit de grève, a conduit à d’importantes manifestations et à une grève générale le 13 juillet 2010, qui a particulièrement touché le chantier stratégique de l’élargissement du canal. De violents affrontements entre manifestants et policiers dans des zones de production de banane se sont soldés par la mort d’au moins deux personnes. En février 2011, une réforme du code minier, consécutive à la découverte d’un très important gisement de cuivre, a libéralisé les possibilités d’investissements étrangers. En réaction, des milliers d’indigènes de la zone affectée, accompagnés par des défenseurs de l’environnement et des étudiants, ont manifesté. Des décisions du président contre des magistrats ou des responsables administratifs, la nomination de ses proches à des postes stratégiques ou ses changements fréquents de position sur des dossiers importants ont également suscité de fortes controverses. Les diplomates et les responsables d’entreprise nord-américains relayaient désormais ces critiques, et craignaient que la réputation de la place commerciale et financière de Panama n’en soit entachée, alors que des efforts importants avaient été accomplis au cours des années précédentes dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le contrôle des flux illicites.

L’économie du Panama a connu le plus fort dynamisme de la région, avec une croissance du PNB de 6 % en 2010, et une prévision de croissance pour 2011 plus importante encore. Les secteurs financiers et marchands ont profité pleinement de la reprise économique aux États-Unis. Les secteurs de l’agriculture et de la pêche, en revanche, étaient en récession. Une réforme fiscale a permis de renforcer les recettes budgétaires, et ainsi de contribuer à financer de très importants chantiers de travaux publics (agrandissement du canal de Panama, amélioration du transport public urbain de la capitale) qui à leur tour ont eu des effets positifs sur le dynamisme de l’économie, et en particulier sur le bâtiment. Le déficit commercial a ainsi été largement compensé par l’augmentation des investissements directs étrangers. Seul point négatif du point de vue économique, le taux de chômage n’a pas connu de baisse significative (s’établissant à 7,7 %).

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