Ouzbékistan 2010-2011  

Sébastien Peyrouse 
Mise en ligne : septembre 2011

Autoritarisme assumé

L’Ouzbékistan a continué à s’enfoncer dans un autoritarisme systématique, s’affichant parmi les pays les plus répressifs de la planète. Les élections parlementaires de janvier 2010, comme toutes les échéances électorales depuis l’indépendance de ce pays, ont été considérées par des institutions internationales telle l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) comme des simulacres. L’opposition ouzbèke a été dans la quasi-impossibilité de faire entendre sa voix. Le gouvernement semble avoir été conforté dans son autoritarisme par un silence conciliant de la communauté internationale, l’année 2010 ayant été marquée par le voyage officiel du président Islam Karimov à Bruxelles et par un regain des discussions avec les pays occidentaux, motivé entre autres par la nécessité de garantir le fonctionnement du Northern Distribution Network, nécessaire au ravitaillement en matériel non létal des forces de l’OTAN en Afghanistan.

L’Ouzbékistan a eu à gérer en 2010 les événements politiques chez son voisin kirghize et a accueilli plusieurs centaines de milliers de personnes cherchant refuge sur son territoire. Voyant en ces exilés, habitués à une certaine liberté de parole au Kirghizstan, un risque de déstabilisation, le gouvernement ouzbek n’a toutefois accepté d’accueillir que les femmes et les enfants, avant de les renvoyer chez eux au bout de deux semaines.

Sur le plan économique, le mécontentement croissant des élites, en particulier régionales, a conduit le président Karimov à lancer, courant 2010, une campagne contre les « oligarques ». Plusieurs d’entre eux ont dû fuir à l’étranger. Une large purge des hauts échelons administratifs a été organisée. Les stratégies d’ouverture économique, par exemple la nouvelle zone économique libre de Navoï, restaient sur le papier, avec peu de changements visibles pour la population ou les entreprises étrangères. La culture du coton dominait toujours dans les milieux ruraux, qui y gagnaient peu, tandis que l’émigration vers la Russie et le Kazakhstan des classes rurales et urbaines moyennes, en quête d’une vie meilleure, se poursuivait.

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