Ouganda 2010-2011  

Élise Demange 
Mise en ligne : septembre 2011

Maintien de Yoweri Museveni au pouvoir et répression de l’opposition

L’année 2010-2011 a été marquée par les élections générales de février 2011, et par les manifestations et répressions qui les ont accompagnées. Fin août 2010, les élections primaires internes au parti de gouvernement, le Mouvement de résistance nationale (NRM), ont été entachées de violences et leurs résultats ont été vivement contestés. Huit candidats se sont présentés à l’élection présidentielle, dont Yoweri Museveni, président en exercice depuis 1986, et Kizza Besigye, son principal rival, du Forum pour le changement démocratique (FDC). Le dépôt des candidatures aux élections parlementaires s’est fait dans un climat d’intimidation militaire des candidats d’opposition, particulièrement en région Karamoja. Le 19 janvier 2011, la commission électorale a identifié neuf milices menaçant de perturber le processus électoral, dont deux auraient été financées par le gouvernement, les Kiboko Squads et les Black Mamba.

Les élections générales ont eu lieu le 18 février 2011. À cette occasion et pour les mois suivants, tout rassemblement public a été interdit. Le 20 février, la commission électorale a proclamé Y. Museveni vainqueur au premier tour, avec 68,38 % des voix. K. Besigye le suivait de loin avec 26,01 %. Aux élections parlementaires, le NRM a remporté 70,1 % des sièges, le FDC 9 %. Le 9 mars, l’opposition a organisé des manifestations pour protester contre le résultat des élections, mais a finalement renoncé à intenter une action en justice contre le NRM pour fraude électorale. Y. Museveni a été investi le 12 mai 2011 pour son quatrième mandat. Des milliers de manifestants ont alors été dispersés et cinq personnes ont été tuées.

Le 11 avril, K. Besigye et le FDC ont appelé la population à se rendre au travail à pied pour protester pacifiquement contre le coût de la vie. L’inflation était passée de 11,1 % à 14,1 % entre mars et avril, avec une hausse de 31 % du prix des denrées alimentaires. Ces marches ont été sévèrement réprimées par le gouvernement. Le 28 avril, K. Besigye était violemment arrêté et blessé par balle à la main. Le jour suivant, des émeutes contre son arrestation ont tourné au drame, faisant deux morts et plus de 140 blessés. Ces manifestations ont continué tout au long du mois de mai. Le 10 mai, la police arrêtait Norbert Mao, leader du Parti démocratique. Le 29 mai, K. Besigye était assigné à résidence à son domicile.

Dans les premiers mois de l’année 2011, les attaques de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) se sont intensifiées en Centrafrique, en République démocratique du Congo (RDC) et au Sud-Soudan. Entre janvier et avril, environ 120 attaques ont eu lieu, tuant 81 civils. Mais le secrétaire d’État aux Affaires étrangères Henry Okello a annoncé en juin 2011 que la LRA n’était plus une menace pour l’Ouganda. L’implication de l’armée ougandaise au sein de la force des Nations unies en Somalie a en revanche eu des conséquences sur le pays : un attentat revendiqué par le groupe islamiste somali Al-Shabaab a fait 85 morts à Kampala le 11 juillet 2010.

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