Nicaragua 2010-2011  

David Garibay 
Mise en ligne : septembre 2011

Daniel Ortega s’ouvre l’accès à la présidentielle

En mars 2011, le président Daniel Ortega, élu en 2007, et le général Omar Hallesleven, ancien commandant des forces armées, ont été présentés comme candidats de leur parti, le Front sandiniste de libération nationale (FSLN), à la présidence et à la vice-présidence pour l’élection de novembre 2011. La Constitution nicaraguayenne interdisant la possibilité d’une réélection immédiate, D. Ortega avait tenté à plusieurs reprises de la réformer par voie parlementaire, mais en vain. Il a alors choisi la voie judiciaire : en octobre 2009, le Tribunal constitutionnel l’autorisait personnellement à se représenter, décision confirmée par la Cour suprême de justice en octobre 2010. Cela a suscité une très forte polémique, d’autant qu’une partie des magistrats favorables à D. Ortega et dont le mandat était terminé avaient été reconduits dans leur fonction par décret présidentiel. À travers ces décisions, le président a montré sa capacité effective à exercer un contrôle sur l’ensemble de l’appareil administratif et judiciaire.

Début 2011, les sondages donnaient D. Ortega victorieux, d’autant que l’opposition était divisée entre, d’une part, Arnoldo Aleman, du Parti libéral (PL), qui avait été président de 1997 à 2002, condamné par la justice pour faits de corruption après son mandat puis amnistié à la suite d’un accord avec D. Ortega ; et, d’autre part, Fabio Gadea, journaliste, dont la ligne indépendante et critique risquait de le cantonner à une place marginale.

La politique étrangère du gouvernement sandiniste constituait l’élément d’affichage de sa radicalité : D. Ortega a mis en scène de manière récurrente sa proximité avec Hugo Chavez et ses positions critiques à l’égard des États-Unis. Il a maintenu des relations tendues avec ses voisins et a critiqué systématiquement la politique de Washington, en particulier sur l’intervention en Libye.

Comme l’ensemble des pays de la région, le Nicaragua a profité de la reprise de la croissance aux États-Unis, qui a eu un effet direct sur les exportations du pays (le marché nord-américain en absorbant 30 %). Les exportations ont également augmenté vers le Canada et le Vénézuela. Le PIB a ainsi augmenté de 3 % en 2010. De manière assez orthodoxe, le gouvernement a mis en place une réforme fiscale et réduit ses dépenses pour rétablir un équilibre budgétaire, dans le cadre du renouvellement d’un accord avec le Fonds monétaire international (FMI). La baisse de l’aide étrangère provenant d’Amérique du Nord et d’Europe a été compensée par la contribution du Vénézuela (60 % de l’aide totale).

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