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Évincés du pouvoir en mai 2009, les maoïstes ont mené la vie dure au gouvernement de coalition dirigé par le communiste Madhav Kumar Nepal. Condamné à l’impuissance et miné par les accusations de népotisme, ce dernier n’a pas mené de réformes d’envergure. Les maoïstes ont toutefois confirmé leur orientation parlementaire lors de leur VIe congrès (Palungtar, 21-27 novembre 2010). S’ils n’ont pas repris le maquis, ils ont mobilisé leurs partisans pour occuper la rue, poussant M. K. Nepal à la démission le 30 juin 2010. Les trois grands partis se révélant incapables de lui trouver un successeur, il a expédié les affaires courantes jusqu’au 3 février 2011. Ce n’est qu’au 17e tour de scrutin que l’Assemblée s’est accordée, par lassitude, sur le nom de Jhalanath Khanal, chef du Parti communiste du Népal marxiste-léniniste unifié (PCN-MLU, centre gauche), pivot de toute coalition.
Apparemment stabilisée, la situation restait suivie de près par la Chine et surtout par l’Inde, dont les interventions irritaient l’opinion. Le mandat de la Mission des Nations unies au Népal (MINUN) a pris fin le 15 janvier 2011. Maintenue à flot par l’aide internationale et les transferts des expatriés, et préservée par ses archaïsmes, l’économie ne paraissait pas affectée par l’immobilisme politique.
Bien que le parti du Congrès (droite) ait entamé une cure d’opposition et que la formation du cabinet ait été d’une désespérante lenteur, le retour des maoïstes dans la majorité pourrait conférer plus d’autorité au gouvernement. Sur le fond, cependant, rien n’était réglé. Le mandat de l’Assemblée constituante, dont les travaux n’ont pas progressé, a été prolongé d’un an et la question de l’intégration des maoïstes dans l’armée restait pendante.
Prisonniers des jeux parlementaires, les maoïstes, première force politique du pays, se heurtaient à l’hostilité des milieux d’affaires, de l’armée, de la haute administration et du grand voisin indien, ainsi qu’à l’inertie d’une classe politique conservatrice. L’enlisement politique les exposait à exaspérer leur base et à décevoir une opinion blasée – ce qu’espéraient d’ailleurs leurs adversaires.
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