Mauritanie 2010-2011  

Almamy Ly 
Mise en ligne : septembre 2011

Le péril et l’inquiétude

L’année 2010 a marqué la montée en puissance du président Mohamed Ould Abdel Aziz après le retour à la légalité institutionnelle suite aux élections de 2009. Les menaces terroristes visant les ressortissants occidentaux et les prises d’otages par Al-Qaeda au Maghreb islamique (AQMI) ont placé le régime au rang de partenaire stratégique dans la lutte contre le terrorisme et renforcé le soutien occidental aux autorités mauritaniennes.

La société demeurait percluse d’inégalités (hommes/femmes ; jeunes/vieux ; Maures, Négro-Mauritaniens, Haratines…) et traversait une mutation sans précédent qui restait sans réponse adéquate. Les Mauritaniens se sédentarisaient à un rythme accéléré et c’est toute une jeunesse privée de repères qui se trouvait livrée à elle-même dans les rues et les faubourgs des grandes villes.

Après une année 2009 particulièrement difficile (récession de 1,1 %), résultat des effets combinés d’une crise politique nationale et de la crise économique mondiale qui se répercutait sur la demande de ressources naturelles (notamment les minerais tels le fer et le cuivre, principale source de revenus du pays), la Mauritanie a renoué avec la croissance en 2010 (4,5 %) et les perspectives pour 2011 étaient encourageantes. Le pays tablait sur une bonne tenue des cours des produits miniers, sur un meilleur recouvrement des recettes et sur un retour des donateurs.

Les autorités se sont par ailleurs engagées à renforcer les capacités de l’administration fiscale (identification des contribuables, modernisation de la gestion de la TVA, révision du système d’imposition des revenus, harmonisation de la taxation des produits avec la nomenclature de l’Union économique et monétaire ouest-africaine [UEMOA]…). Malgré les réformes, elle demeurait complexe et coûteuse pour le secteur structuré et ignorait toujours le secteur informel.

Le secteur de la pêche restait d’une importance capitale pour la Mauritanie. Avec des volumes de captures estimés à 800 000 tonnes pour 2010, essentiellement destinés à l’exportation, il contribuait à hauteur de 25 % au budget de l’État et jouait un rôle déterminant pour l’apport en devises (20 % des recettes d’exportation du pays).

Malgré les réformes engagées pour promouvoir l’initiative privée, le climat des investissements demeurait peu favorable au développement d’un secteur privé compétitif. Ainsi, la Mauritanie était classée dans le peloton de queue du rapport « Doing Business 2011 » de la Banque mondiale, à la 165e position sur 183 pays.

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