Maurice 2010-2011  

Francis Soler 
Mise en ligne : septembre 2011

L’heure est toujours à la croissance

L’économie mauricienne devait réaliser en 2011 un taux de croissance (4,2 %) comparable à 2010, démontrant sa capacité à résister au choc de la crise mondiale. Néanmoins, elle restait dépendante du rétablissement de ses principaux partenaires commerciaux (Europe, États-Unis, Asie). Si les secteurs financier, manufacturier et du transport bénéficiaient de leurs efforts pour diversifier leurs marchés, l’avenir était plus sombre pour l'hôtellerie, la restauration et la construction, sensibles aux facteurs exogènes. Le chômage devait se maintenir à 7,5 % et l’inflation à 5,5 % (prévisions pour 2011), mais le déficit commercial s’est creusé (+ 17,2 % en 2010) et le service de la dette commençait à devenir pesant.

Arrivée au pouvoir en juillet 2010, l’alliance entre le Parti travailliste (PT) du Premier ministre Navin Ramgoolam et le Mouvement socialiste militant (MSM) du vice-Premier ministre et ministre des Finances Pravind Jugnauth (fils du président de la République Anerood Jugnauth) garantissait une certaine stabilité politique au pays, même si une lutte d’influence opposait déjà les deux leaders début 2011, P. Jugnauth ne cachant pas en privé son ambition de devenir Premier ministre.

Le Mouvement militant mauricien (MMM) de Paul Bérenger s'est ressaisi après sa défaite électorale. Début 2011, il a trouvé dans l'affaire MedPoint (rachat par l'État d'une ancienne clinique appartenant à des membres de la famille Jugnauth) de quoi tirer à boulets rouges sur le ministre des Finances afin de semer la zizanie dans le camp gouvernemental.

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