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Sur le plan extérieur, l’année 2010 a été marquée par l’activisme libyen. Deux sommets de la Ligue arabe se sont déroulés à Syrte, en mars et en octobre. Le sommet Europe-Afrique organisé à Tripoli en novembre a rappelé la place centrale de la Libye dans ce dialogue. La Libye a été élue au Conseil des droits de l’homme de l’ONU en mai. Le différend avec la Suisse a été réglé et son ressortissant libéré en juin après des excuses officielles de Genève. En octobre 2010 était signé un accord avec l’Union européenne (UE) par lequel celle-ci s’engageait à financer l’amélioration des structures médicales libyennes, la promotion des PME et la réorganisation de l’administration publique. Un agenda de coopération pour la lutte contre la migration irrégulière a également été adopté, mais des désaccords demeuraient, notamment quant à la contribution financière réclamée par la Libye. L’expulsion du Haut Commissariat pour les réfugiés du territoire libyen, en juin 2010, illustrait les tensions en ce domaine. Les relations avec l’Italie demeuraient fortes. D’autres partenariats étaient également recherchés par la Libye (Chine, Ukraine, Iran, Turquie et Vénézuela).
Sur le plan intérieur, les tensions continuaient, entre poursuite des réformes économiques et juridiques et reprise en main politique (telle que l’arrestation d’une trentaine de journalistes fin 2010). Après la chute du président tunisien Ben Ali le 14 janvier 2011, puis celle de son homologue égyptien Hosni Moubarak le 11 février, des appels à une « journée de la colère » en Libye le 17 février contre le régime de Mouammar Kadhafi se sont propagés par le biais des réseaux sociaux et malgré la censure. C’est dans la région la plus proche de l’Égypte et la plus éloignée du clan Kadhafi, la Cyrénaïque, que les manifestations ont été les plus importantes, prenant une tournure insurrectionnelle après la répression immédiate et disproportionnée menée par le régime. L’opposition à Kadhafi s’est répandue rapidement, les défections politiques et militaires se sont multipliées. Un Conseil national de transition (CNT) a été mis en place le 27 février sous le leadership de l’ancien ministre de la Justice, Moustapha Abdeljalil.
Malgré les défections, les condamnations à l’étranger (y compris de la part des États arabes), les sanctions adoptées par le Conseil de sécurité le 26 février et la saisine de la Cour pénale internationale à son encontre, M. Kadhafi s’accrochait au pouvoir. Le 17 mars 2011, le Conseil de sécurité a autorisé le recours à la force d’une coalition internationale pour la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne, le respect de l’embargo sur les armes et la protection de la population civile libyenne. L’opération militaire déclenchée le 19 mars a été placée sous commandement de l’OTAN le 1er avril 2011.
La guerre en Libye a déclenché le départ de centaines de milliers d’étrangers. Tandis qu’une partie étaient rapatriés par leurs pays d’origine, en particulier Occidentaux et Chinois, la grande majorité fuyait vers l’Égypte et la Tunisie, créant une situation humanitaire grave dans la région.
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