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Durement touchée par la crise économique mondiale, la Lettonie a bénéficié de l’assistance de l’Union européenne (UE) et du Fonds monétaire international (FMI) pour un montant total de 7,5 milliards d’euros, mais cette aide a été assortie de conditions draconiennes que le gouvernement de Valdis Dombrovskis a mises en œuvre avec une rigueur louée par les instances internationales.
On pouvait donc penser que les élections législatives d’octobre 2010 seraient difficiles pour ce gouvernement déjà minoritaire depuis fin 2009. Le Parti de l’unité du Premier ministre Dombrovskis a en effet été talonné par le Centre de la concorde dans tous les sondages préélectoraux. La crise semblait favoriser cette alliance de partis plutôt russophones et de gauche. Le Parti de l’unité a finalement remporté 33 sièges, appuyé par son allié l’Union des verts et des paysans (ZSS), qui en a remporté 22. Ainsi, la coalition au pouvoir s’est maintenue avec 55 sièges sur 100.
Le 28 mai 2011, le président Valdis Zatlers, candidat à sa propre succession, a demandé la dissolution du Parlement qui devait le réélire, pour marquer son désaccord avec le refus de ce dernier de lever l’immunité du député Ainars Slesersleader, leader du Premier parti de Lettonie/Voie lettone (LPP/LC), sous le coup d’une enquête pour corruption. De ce fait, c’est son concurrent Andris Berzins (ZSS) qui a été élu président le 2 juin 2011. Un référendum le 30 juillet devait confirmer – selon toute vraisemblance – la dissolution du Parlement et l’organisation de nouvelles élections à l’automne.
Les effets de la crise se sont aussi fait sentir sur les relations interethniques. Fin mars 2011, le parti « Tout pour la Lettonie » a soumis à la Commission électorale 10 000 signatures (première étape pour obtenir une loi) pour la suppression du financement public des écoles dispensant l’enseignement dans des langues autres que le letton (donc des écoles russophones). En avril 2011, des mouvements russophones ont réuni 10 000 signatures demandant que le russe devienne la seconde langue nationale. Dans un pays où cette minorité représente plus de 30 % des habitants, ces mouvements contraires risquaient de faire monter les tensions.
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