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L’année 2010 a été marquée par la présidence kazakhe de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui a soulevé de nombreuses controverses. L’accès à la présidence d’une organisation stipulant le respect des principes démocratiques par un pays dont ladite organisation n’a reconnu aucune des élections tenues depuis l’indépendance comme répondant à ces principes était en effet problématique. Pour se faire élire, Noursoultan Nazarbaiev avait promis un certain nombre de réformes et d’améliorations en termes de libertés intérieures, qui n’ont pas été concrétisées, et la présidence de l’OSCE s’est rapprochée d’une opération marketing pour un pays en quête de prestige international.
Tout au long de l’année, le président kazakh a accentué la répression à l’encontre des mouvements d’opposition et de mouvements religieux considérés comme non traditionnels. La concentration des pouvoirs s’est en particulier manifestée par l’adoption, en juin 2010, d’une loi offrant au président le titre de « Leader de la nation » qui lui garantissait, ainsi qu’aux membres de sa famille, une impunité à vie et nombre de privilèges une fois qu’il aurait quitté le pouvoir. N. Nazarbaiev conserverait entre autres un droit d’intervention et de regard sur les orientations fondamentales liées à la politique intérieure, étrangère et de sécurité du pays. Un groupe de députés a par la suite proposé un référendum visant à prolonger son mandat jusqu’en décembre 2020. Le président a toutefois dû reculer face aux réticences de la communauté internationale et a opté pour une autre parade politique qui avait déjà fait ses preuves dans le passé : il a avancé de manière subite la prochaine élection présidentielle (avril 2011), coupant l’herbe sous le pied de l’opposition et prévenant l’émergence de toute personnalité dont la popularité pourrait lui faire de l’ombre.
Malgré les nombreuses ressources en hydrocarbures, la crise économique mondiale continuait à se faire sentir dans le pays, et a ralenti la croissance ainsi que les investissements. Le progrès économique du pays a été fragilisé par les retards récurrents dans la mise en exploitation de l’immense gisement de Kashagan, repoussée à 2018, et ce alors que la production de celui de Tengiz stagnait. Ce retard a conduit le pouvoir à tenter de compenser le manque à gagner financier en contraignant plusieurs sociétés étrangères à renégocier leur contrat et en supprimant le régime de taxation spéciale dont elles bénéficiaient jusque-là, ce qui a eu pour effet de ternir l’image du Kazakhstan aux yeux des investisseurs étrangers.
Par ailleurs, les luttes entre élites en poste ont été accrues avec la crise économique et le vieillissement du président. Les règlements de compte via accusations diverses et ouverture de procédures judiciaires se sont multipliés : alors que le cercle familial de Nazarbaiev poursuivait la prédation des principales ressources économiques du pays, les oligarques encore en poste tentaient de sauver leurs niches financières et commerciales.
Le Kazakhstan a avancé en termes d’intégration économique avec la Russie. Une étape essentielle a été franchie en 2010 avec la mise en place de l’Union douanière entre le Kazakhstan, la Russie et la Biélorussie. Enfin, le commerce extérieur, qui avait quelque peu chuté en 2009 suite à la crise, reprenait progressivement, en particulier avec la Chine, atteignant 20 milliards de dollars.
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