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Le « printemps arabe » n’a pas épargné la Jordanie, qui a vécu au rythme de manifestations hebdomadaires à partir de janvier 2011. Les griefs des manifestants (qui rassemblaient opposition islamiste, organisations de la société civile, syndicats et associations professionnelles, jeunes et étudiants associés à des opposants de la gauche nationaliste arabe, fonctionnaires et généraux à la retraite) portaient sur la vie chère, le chômage, la corruption accompagnant la politique de privatisation de l'économie, le favoritisme, les fortes disparités de revenus et la faiblesse des rémunérations dans le secteur public. Au plan politique, ils demandaient la dissolution du Parlement issu des élections de novembre 2010, considéré comme une chambre d’enregistrement élue de manière frauduleuse, ainsi que la tenue de nouvelles élections sous une nouvelle loi électorale. Des appels à l’établissement d’une monarchie constitutionnelle effective étaient également lancés.
Contrairement à l'Égypte et à la Tunisie, le régime n'était pas mis en cause. Des signaux forts lui étaient toutefois envoyés, y compris par les tribus bédouines, considérées comme les piliers du régime. Le 1er février 2011, le roi Abdallah II a démis le gouvernement de Samir al-Rifaï issu des élections de novembre 2010, et a chargé Marouf al-Bakhit, un homme de confiance et de poigne du régime, d’en former un nouveau en vue de lancer rapidement des réformes politiques. Le 14 mars, le roi a demandé au Comité de dialogue national, mis sur pied par le gouvernement le 22 février, de rédiger une loi électorale véritablement démocratique et de réviser la loi sur les partis politiques afin de favoriser le pluralisme et la vie partisane.
Les conditions posées par l'opposition islamiste à une participation à ce comité n'ayant pas été satisfaites, celle-ci a décidé de ne pas y prendre part, manifestant sa méfiance quant à la volonté de réforme réelle du gouvernement. Le 15 avril, la radicalisation islamiste a semblé franchir un nouveau degré avec une manifestation organisée par des djihadistes à Zarqa.
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