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La Jamaïque, particulièrement touchée depuis 2008 par les effets de la crise économique mondiale, était toujours en récession en 2010 (– 1,1 %) et devait le rester en 2011, selon les estimations de la Banque mondiale. L’inflation demeurait très élevée (12,6 % en 2010), provoquant une baisse du pouvoir d’achat des ménages. Le secteur sucrier, longtemps pourvoyeur d’emplois, poursuivait son inexorable déclin. Le surendettement du pays conduisait à des restructurations permanentes (privatisations) qui affaiblissaient les autorités politiques. Ces difficultés avaient avant tout des répercussions sociales, avec une hausse du taux de chômage (12,4 % en 2010). L’augmentation des demandes de migration vers les États-Unis et le Canada révélait ce malaise croissant.
En outre, les violences quotidiennes ont retrouvé des niveaux importants, le pays conservant le taux de criminalité le plus élevé du continent. Elles ont atteint un sommet dans la capitale Kingston en mai 2010, alors que la police tentait d’arrêter un narcotrafiquant, chef de gang, dont les États-Unis réclamaient l’extradition. Les affrontements ont fait une centaine de morts. Le 23 mai, le gouvernement a décrété l’état d’urgence pour un mois. Le pays est ensuite entré dans une longue crise politique. Le Premier ministre, Bruce Golding, travailliste, a présenté ses excuses à la population et a lancé des mesures de lutte anticorruption dans les partis politiques. Il a conservé sa majorité lors d’élections partielles en avril 2011.
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