![]() |
Retrouvez nos dernières parutions sur |
Le bouleversement le plus important en Hongrie a incontestablement été politique, avec la victoire aux élections législatives d’avril 2010 du parti conservateur FIDESz et le retour au pouvoir de la figure historique de la droite hongroise, Viktor Orbán, au poste de Premier ministre. Mettant fin à huit années de pouvoir socialiste (Parti socialiste hongrois, MSZP), le FIDESz a obtenu 263 sièges sur les 386 du Parlement, avec 53 % des voix exprimées.
Les élections d’avril 2010 ont représenté un vrai bouleversement de la vie politique hongroise. Les socialistes n’ont conservé que 59 sièges, et un nouveau parti, La Politique autrement (LMP, parti écologiste de gauche), a fait son entrée au Parlement. Autre nouveau parti, Jobbik (extrême droite) a fait une percée avec 47 sièges, se propulsant au rang de troisième parti politique hongrois.
Dépassant la majorité qualifiée des deux tiers des sièges, le FIDESz, ultra-majoritaire au Parlement, en a profité pour faire adopter fin avril 2011 une nouvelle Constitution très conservatrice rappelant le caractère chrétien de la nation hongroise, bannissant le mariage homosexuel et remettant en cause le droit à l’avortement, selon le souhait de la frange la plus religieuse du parti.
L’année 2010 et les premiers mois de 2011 ont confirmé un fort regain d’activité de l’extrême droite et une xénophobie croissante à l’encontre de la communauté rom. Ainsi, la milice raciste Garde hongroise, créée en 2008 par les Jobbik (supposément dissoute en 2009), a investi le village de Gyöngyöspata. Accusant un groupe d’adolescents roms d’avoir harcelé une personne jusqu’à la conduire au suicide, la « Magyar Garda » y a mené pendant une dizaine de jours une vraie campagne d’intimidation raciste contre les habitants roms. Par ailleurs, des organisations de défense des droits de l’homme se sont inquiétées de la passivité de la police et du gouvernement laissant les Roms seuls et vulnérables face à la milice d’extrême droite dont certains membres déclaraient ouvertement vouloir créer une organisation sur le modèle du Ku Klux Klan américain.
Outre les questions de politique intérieure, la Hongrie a présidé le Conseil de l’Union européenne (UE) de janvier 2011 à juin 2011. Cette présidence a été marquée par de vives critiques à l’égard du gouvernement de V. Orbán, à propos de sa nouvelle loi sur les médias. Cette loi (légèrement amendée en février 2011) instaurait une instance de contrôle dont la plupart des membres étaient proches du pouvoir et qui aurait le droit d’infliger de lourdes peines à des médias accusés de fournir une information « non équilibrée ». En Hongrie même, cette loi a suscité une levée de boucliers chez une grande partie des journalistes, craignant un retour de la censure similaire à celle pratiquée avant la chute du mur de Berlin, alors que la population hongroise est, elle, restée relativement indifférente à cette question.
Pour avoir accès à 30 ans d'analyses et de données (statistiques, cartes, chronologies, etc.) sur ce pays et sur bien d'autres questions nationales et internationales, abonnez-vous à l'Encyclopédie de l'état du monde.