Guinée 2008-2009  

Cédric Mayrargue 
Mise en ligne : septembre 2009

Décès de Lansana Conté

Le décès de Lansana Conté le 22 décembre 2008 a ouvert une nouvelle page de l’histoire de la Guinée. Âgé de 74 ans, malade depuis de nombreuses années, L. Conté a dirigé le pays sans partage depuis son accession à la présidence en 1984, à la mort du leader de l’indépendance Sékou Touré. Son pouvoir était confronté depuis 2007 à une forte contestation marquée par une succession de mouvements sociaux, réprimés violemment, et de mutineries militaires.

Aussitôt connue l’annonce du décès de L. Conté, un groupe de militaires, le Conseil national pour le développement et la démocratie, prenait le pouvoir, dissolvait les institutions et suspendait la Constitution. Le jeune capitaine Moussa Dadis Camara était proclamé président de la République. Face aux critiques internationales, la junte militaire, accueillie sans grande hostilité dans le pays, nommait le 30 décembre un Premier ministre civil, Kabiné Komara, un banquier résidant en Égypte. L’Union africaine (UA) et la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) suspendaient cependant la participation de la Guinée à leurs activités. L’emprise de la junte militaire était perceptible sur la nomination, le 15 janvier 2009, du gouvernement, composé de nombreux militaires.

Le nouveau pouvoir lançait une offensive contre le trafic de drogues, qui aboutissait à la mise en cause de responsables de la police et de l’armée et à l’arrestation d’Ousmane Conté, fils aîné du président défunt, tandis que l’organisation Human Rights Watch dénonçait en avril les exactions commises dans la plus grande impunité par des militaires depuis fin décembre 2008.

Sur le plan économique, Moussa Dadis Camara annonçait dès sa prise de pouvoir une renégociation des contrats miniers, sujet de controverse depuis de nombreuses années. La Guinée est le premier exportateur mondial de bauxite et des réserves d’uranium y ont été découvertes en 2007.

Moussa Dadis Camara annonçait également l’organisation d’élections, législatives en octobre 2009 et présidentielle en décembre 2009, en précisant que ni lui ni aucun membre du gouvernement ne seraient candidat. Mais les difficultés de mise en place d’un Conseil national de transition comme la suspension en avril, faute de ressources, du recensement des électeurs suscitaient des interrogations sur le respect de ces échéances.

Le 10 novembre 2008, l’écrivain franco-guinéen Tierno Monénembo, qui avait fui le régime de Sékou Touré à la fin des années 1960, recevait à Paris le prix Renaudot.

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