Guatémala 2008-2009  

David Garibay 
Mise en ligne : septembre 2009

Violences et criminalité en hausse

Élu président en novembre 2007, le social-démocrate Alvaro Colom mit en place un gouvernement d’unité nationale et une politique sociale favorable aux populations les plus défavorisées. Après avoir reconnu que les actions militaires du début des années 1980 contre les guérillas, qui firent des dizaines de milliers de morts et de disparus, constituaient un génocide contre les populations indigènes, il demanda à l’armée d’ouvrir ses archives. Toutefois, la situation du pays était marquée par une hausse très sensible de la violence et de la criminalité, dans un contexte de très forte impunité et d’incapacité des forces de l’ordre à contrôler la situation.

Les cartels mexicains de la drogue étaient omniprésents dans le pays : en décembre 2008, un affrontement entre groupes rivaux qui laissa près d’une vingtaine de victimes illustra leur forte insertion dans la société. Le gouvernement annonça à plusieurs reprises le renforcement des capacités d’action de la police. L’assassinat d’un entrepreneur, en avril 2009, puis de son avocat, en mai, provoqua une crise politique de grande ampleur. L’opposition dénonça l’impunité mais aussi la corruption du gouvernement, et, sur les bases de déclarations enregistrées par l’avocat peu de temps avant son assassinat, l’implication directe de proches du président. Plusieurs manifestations furent organisées pour demander la démission d’Alvaro Colom, qui, à son tour, mobilisa ses partisans. Une commission d’enquête indépendante, liée aux Nations unies, devait prendre en charge les investigations judiciaires.

L’économie guatémaltèque souffrait des effets de la crise aux États-Unis. La croissance n’atteignait que 3,3 % en 2008, soit un taux par habitant d’à peine 0,8 %, après plusieurs années d’une croissance économique soutenue. L’inflation était forte, en particulier en début d’année, en raison des prix élevés du pétrole et de certains produits agricoles sur le marché international. Même si la hausse des prix fut moins forte en fin d’année, elle se rapprocha tout de même de 10,9 % sur 2008. Les niveaux très modestes d’exportation de pétrole ne permirent pas de compenser la baisse des exportations de produits textiles. L’économie du pays continuait à être soutenue par les transferts familiaux – 4,3 milliards $ en 2008 – qui permettaient une consommation interne soutenue.

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