Guatémala 2010-2011  

David Garibay 
Mise en ligne : septembre 2011

Pauvreté et violence au cœur des préoccupations

De fortes précipitations ont provoqué en septembre 2010 une cinquantaine de morts, affecté plus de 50 000 personnes et causé des dégâts très importants. Le coût de la reconstruction a affecté les prévisions de croissance, alors que le Guatémala avait bénéficié de la reprise de l’économie nord-américaine (croissance de 2,5 % en 2010, avec un dynamisme des exportations et du tourisme).

Le président Alvaro Colom a annoncé qu’il orienterait l’action de son gouvernement sur la restauration du rôle de l’État et l’action pour les plus pauvres. Le bilan sur ces deux chantiers restait en deçà des espérances.

L’aggravation de l’insécurité a montré les difficultés de l’État à maintenir l’ordre. Le pays connaissait des niveaux élevés de criminalité et de délinquance. Le président Colom a annoncé qu’il chercherait à mettre en œuvre une législation semblable à celle adoptée en septembre 2010 au Salvador voisin pour mettre fin aux « maras », des groupes délinquants. Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a effectué en avril 2011 un déplacement au Guatémala pour y rencontrer les présidents des pays de la région afin de renforcer la coopération contre la violence. Mais à cette question est venue s’ajouter la présence de plus en plus systématique de trafiquants de drogue, provenant en partie des cartels mexicains. Le gouvernement a mobilisé l’armée dans la lutte antidrogue et imposé l’état de siège dans certaines régions. La capture de certains narcotrafiquants et leur extradition vers les États-Unis ont témoigné de la préoccupation de Washington pour la place prise par le Guatémala dans le trafic de drogue.

Le président a effectivement mis l’accent sur la lutte contre la pauvreté mais ni l’extrême pauvreté ni les inégalités de revenu n’ont reculé. Par ailleurs, le fait que ce soit son épouse, Sandra Torres, qui coordonne les politiques sociales a engendré des soupçons d’un usage clientéliste de cette politique – d’autant que S. Torres a annoncé en mars 2011 sa candidature à l’élection présidentielle de septembre 2011. La législation électorale empêchant un membre de la famille du président en place de se présenter, A. Colom et S. Torres ont divorcé en avril 2011. L’ancien général Otto Perez, partisan d’une politique très répressive, déjà candidat en 2007 et principale figure de l’opposition, devrait représenter le Parti patriotique.

L’ouverture du procès de l’ancien président Alfonso Portillo (2000-2004) et de plusieurs de ses ministres en janvier 2011 a constitué une première dans un pays marqué par une forte impunité.

Pour avoir accès à 30 ans d'analyses et de données (statistiques, cartes, chronologies, etc.) sur ce pays et sur bien d'autres questions nationales et internationales, abonnez-vous à l'Encyclopédie de l'état du monde.