Grèce 2010-2011  

Gilles Bertrand 
Mise en ligne : septembre 2011

Une crise financière qui menace la Zone euro

Le gouvernement Papandréou a mené en 2010 une sévère politique d’austérité (baisse des salaires et des retraites, augmentation des impôts). Le déficit public était de 13,6 % en 2009 (ramené à 10 % en 2010), tandis que la dette publique représentait 120 % du PIB. Les dépenses publiques ont diminué de 46 % en 2010, dans un contexte de récession (– 4 %). Le taux de chômage dépassait 15 % en janvier 2011. Le gouvernement s’est aussi engagé dans la lutte contre la fraude fiscale, très importante en Grèce, comme l’économie informelle.

La crise de la dette, touchant également d’autres pays, a provoqué des remous au sein de l’Eurogroupe et des tensions avec l’Allemagne. En mai 2010, l’Eurogroupe a été contraint d’agir, tandis que le gouvernement grec faisait appel au Fonds monétaire international (FMI). La Grèce a ainsi obtenu un prêt commun UE/FMI de 110 milliards d’euros sur trois ans.

Les mouvements sociaux se sont multipliés. Les grèves ont touché toutes les catégories professionnelles, des fonctionnaires d’État à ceux des collectivités territoriales en passant par les personnels hospitaliers, les pharmaciens, les avocats, les cheminots et même les journalistes (avril 2011). Des mouvements contre l’augmentation des prix ont aussi eu lieu (ainsi les transporteurs et les automobilistes contre la hausse des péages autoroutiers). Les manifestations ont parfois tourné à l’affrontement avec les forces de police.

La violence politique imputée à des groupes anarchistes a augmenté en 2010, au point de placer la Grèce à la première place en Europe, devant l’Espagne, pour le nombre d’attentats terroristes. En juin 2010, l’assistante du ministre de l’Ordre public a été tuée dans l’explosion d’une bombe, un policier tué par balles et, en juillet, un journaliste, Socratis Giolias, a été assassiné. La police soupçonnait la « Secte des révolutionnaires », groupe apparu après les émeutes de décembre 2008. En novembre 2010, la « Conspiration des cellules de feu » a revendiqué l’envoi de lettres et colis piégés à des ambassades étrangères à Athènes ainsi qu’à Silvio Berlusconi, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy. D’autres attentats ont visé les forces de police, des banques ou des bâtiments publics.

Malgré tout, la situation politique est restée stable en 2010. Le président de la République, Carolos Papoulias (socialiste), a été réélu par le Parlement le 3 février 2010 par 266 voix sur 300, grâce à un accord entre la majorité et l’opposition conservatrice. Lors des élections locales des 7 et 14 novembre 2010, les socialistes et leurs alliés ont remporté 8 des 13 régions (les conservateurs, les 5 autres) et 73 des 325 municipalités, contre 41 aux conservateurs qui ont perdu Athènes et Thessalonique au profit d’indépendants soutenus par les socialistes. Mais en juin 2011, l’annonce par le gouvernement de nouvelles mesures d’austérité exigées par les bailleurs de fonds a amplifié la contestation dans la rue comme au sein du Pasok (parti socialiste), amenant G. Papandréou à procéder à un remaniement ministériel le 17 juin. Evangelos Venizélos, jusque-là ministre de la Défense, à été nommé vice-Premier ministre et ministre des Finances.

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