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L’année 2008 a été émaillée de scandales, entraînant une détérioration du climat politique, quelques mois à peine après les élections législatives anticipées de septembre 2007 qui ont conforté la position du Premier ministre conservateur Kostas Karamanlis (Nouvelle Démocratie–ND), en poste depuis mars 2004. Accusé de fraude fiscale, le ministre de la Marine marchande, Georgios Voulgarakis, a démissionné le 12 septembre 2008, suivi, le 23 octobre, par le ministre d’État et porte-parole du gouvernement Theodoros Roussopoulos, impliqué dans un échange de terres avec le monastère de Vatopediou (Mont Athos) qui se serait fait au détriment de l’État (pour un coût de plus de 100 millions €).
La mort d’un lycéen de 15 ans, tué par un policier le 6 décembre 2008, lors d’un affrontement entre jeunes et policiers, a provoqué un déchaînement de violence qui a suscité l’inquiétude dans les autres pays européens. S’en sont suivies des émeutes très violentes dans toute la Grèce, mettant en évidence le malaise de la « génération 600 € » (salaire minimum), confrontée à une forte précarité et à un taux de chômage des jeunes élevé. La gauche radicale a montré sa vigueur à l’occasion de ces émeutes et de la série d’attentats (le plus souvent à la bombe artisanale) qui a précédé et suivi, rappelant les actions de l’organisation d’extrême gauche « 17 novembre » démantelée en 2002 – postes de police, médias privés, métro d’Athènes (2 mars 2009), port du Pirée (27 mars). Plus grave, le 18 février 2009, un attentat manqué à la voiture piégée aurait pu détruire l’immeuble de la Citibank et faire des centaines de victimes, selon la police. L’organisation « Lutte révolutionnaire » a revendiqué plusieurs actions et menacé d’en commettre d’autres. Les syndicats appelaient parallèlement à protester contre la politique d’austérité du gouvernement, en organisant notamment une série de grèves (dont la grève générale du 10 décembre 2008). Les agriculteurs ont pris le relais en janvier 2009 en bloquant les routes pour demander de nouvelles aides.
Au niveau international, la Grèce a continué d’être une des « portes d’entrée de l’Union européenne » : 150 000 migrants en provenance d’Asie mais aussi d’Afrique en 2008, soit une augmentation de 25 % en un an. La plupart d’entre eux ont débarqué dans les îles proches de la Turquie, alimentant le climat de défiance entre les deux États. Mais peu sont restés en Grèce, et si le nombre de demandeurs d’asile a augmenté, seuls 0,03 % d’entre eux obtiennent généralement ce statut.
Alors que le Parlement ratifiait le traité de Lisbonne le 12 août 2008, les conflits avec les États voisins, eux, n’avaient pas progressé : les négociations avec l’ex-République yougoslave de Macédoine sur son nom définitif demeuraient dans l’impasse (Athènes continuant de revendiquer officiellement l’usage exclusif de « Macédoine ») et le différend sur les limites maritimes et aériennes avec la Turquie en mer Égée provoquait de nouveaux incidents.
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