Ghana 2010-2011  

Augusta Conchiglia 
Mise en ligne : septembre 2011

Ghana : à l’heure de l’or noir

En janvier 2011, les premiers barils de pétrole ont été extraits du gisement offshore Jubilee, découvert en 2007. Avec une production estimée à 125 000 barils par jour dans une première phase, et à 250 000 un an plus tard, le Ghana allait entrer dans le groupe africain de producteurs moyens d’or noir. La période était relativement faste pour l’industrie extractive du pays : 2e producteur africain d’or après l’Afrique du Sud, le Ghana a bénéficié de l’augmentation des cours de ce minerai, dont les exportations ont rapporté 3,6 milliards de dollars en 2010 (+ 27 %), soit la moitié des recettes des exportations. La production de manganèse progressait aussi et celle de bauxite (500 000 t/an) devait connaître une forte expansion avec l’entrée de nouveaux producteurs et surtout avec la réalisation du projet de transformation de cette matière première en alumine. Le chinois Bosai Minerals se proposait en effet de développer une raffinerie d’alumine à Awaso, dont la production serait en premier lieu destinée à ravitailler la fonderie d’aluminium Valco. Après une interminable saga de ventes et rachats, cette entreprise historique est revenue dans le giron de l’État, qui a pris le pari de rouvrir en janvier 2010 une de ses six lignes de production. Les pénuries d’énergie qui avaient entraîné sa fermeture en 2007 restaient un frein au développement du secteur minier et de l’industrie de transformation : le gouvernement a donc accéléré la réalisation de divers projets devant porter la production d’électricité à 3 600 MW en 2013 (+ 65 %) – dont un tiers provenant des investissements du secteur privé national.

Selon la Chambre ghanéenne des mines, l’ensemble de l’industrie extractive devait rapporter en 2015 (aux cours actuels) environ 2 milliards de dollars supplémentaires à l’État ghanéen, dont le PIB a atteint en 2010 30 milliards de dollars. Le président John Atta Mills voyait avec inquiétude l’inévitable passage au statut de « pays à revenu intermédiaire » qui le priverait des avantages financiers et d’une partie de l’aide publique octroyés aux pays à bas revenus. Qui plus est, le mirage du pétrole, largement médiatisé, a exacerbé les attentes de la population qui n’a pas oublié les promesses électorales, notamment au sujet de la création d’emplois et de l’augmentation des revenus.

Conscient des enjeux et de l’urgence de « redistribuer » la richesse future, le gouvernement a eu recours à de nombreux prêts, notamment chinois, afin de donner un coup de pouce au développement économique et, en même temps, de présenter des résultats satisfaisants aux élections générales de fin 2012. Malgré les ambitions présidentielles affichées par Nana Konadu Rawlings, l’épouse de l’ancien président Jerry Rawlings, J. Atta Mills serait sans doute confirmé en tant que « candidat naturel » du National Democratic Congress (NDC) au pouvoir. Les affaires de corruption dans le secteur pétrolier impliquant l’entourage de son prédécesseur, John Kufuor, restaient à l’ordre du jour et plombaient le National Patriotic Party (NPP), principal parti de l’opposition.

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