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Après deux échecs, John Atta Mills, candidat du National Democratic Congress (NDC) à la présidence de la République et ancien vice-président pendant le dernier mandat de Jerry Rawlings (1996-2000), a été élu le 3 janvier 2009, au second tour de l'élection présidentielle. Le faible écart entre Atta Mills et Nana Akufo Addo, candidat du New Patriotic Party (NPP), au pouvoir depuis 2000, a fait craindre des débordements de rue. Mais, à la grande satisfaction des observateurs, la démocratie ghanéenne a survécu à cette épreuve. Et la victoire du NDC aux législatives (114 sièges contre 104 au NPP) a conforté celle de son candidat à la présidence.
Cette alternance a été accompagnée de quelques surprises. Présenté avec insistance comme un pays modèle par les institutions financières internationales, le Ghana se trouvait, fin 2008, dans « une situation économique extrêmement inquiétante », selon les termes du représentant de la Banque mondiale (BM) à Accra. Dans la lettre adressée au président J. A. Mills avant même son investiture officielle, il faisait état de « déficits fiscaux et de la balance des paiements à des niveaux insoutenables », d’épuisement des réserves étrangères, de dépenses somptuaires et non budgétisées. Un état des lieux contredisant la campagne du NPP centrée sur ses « formidables acquis économiques ».
Après ses révélations fracassantes, la Banque mondiale se devait de réagir la première. Pour parer aux risques d’aggravation de la crise, elle a accordé un prêt de 1,2 milliard $ pour financer divers projets de développement (eau, agriculture, pêche, énergie, transport, etc.), ainsi que pour l’aide au budget et à la gestion des ressources naturelles.
L’ancienne équipe du président John Kufuor a été aussi invitée à s’expliquer sur une étrange affaire concernant la compagnie d’aluminium Valco, nationalisée lors de la crise énergétique de 2006 et partiellement reprivatisée en octobre 2008 pour 175 millions $. Présentées au Parlement ghanéen comme les principaux partenaires et investisseurs du consortium (International Aluminium Partners) autorisé à racheter 75 % de Valco, la norvégienne Norsk Hydro et la brésilienne Vale do Rio Doce démentaient aussitôt toute implication dans la transaction.
D’autres audits ont été commissionnés par le gouvernement, dont celui sur le coût réel du palais présidentiel, « Jubilee » (estimé à 150 millions $), qui n’a toujours pas été inauguré.
Les Ghanéens, eux, ont les yeux rivés sur l’offshore de l’ouest du pays qui recèle d’importantes réserves de pétrole. La compagnie irlandaise Tullow Oil sera la première à porter l’or noir à la surface au second semestre 2010, à raison de 125 000 barils par jour. Grâce aux investissements d’autres compagnies, dont la russe Lukoil, le double est prévu à l’horizon 2015.
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