Géorgie 2010-2011  

Silvia Serrano 
Mise en ligne : septembre 2011

Une fragile stabilisation

L’Abkhazie et l’Ossétie du Sud restaient les premières préoccupations des autorités géorgiennes. L’emprise de Moscou y était de plus en plus nette, après la signature, en février et en avril 2010, d’accords militaires bilatéraux établissant des bases militaires sur leurs territoires et déléguant à la Russie la protection de leurs frontières. La situation restait tendue sur le terrain, notamment en Ossétie du Sud où les autorités locales ont procédé à l’arrestation de Géorgiens. L’engagement pris en novembre 2010 par Mikhael Saakachvili de renoncer à l’usage de la force sauf en cas d’attaque russe n’a pas permis de débloquer les négociations de Genève sous les auspices de la communauté internationale.

Lors d’une tournée dans le Caucase du Sud (juillet 2010), la secrétaire d’État Hillary Clinton a réaffirmé le soutien des États-Unis aux autorités géorgiennes, mais il n’était plus aussi inconditionnel que par le passé. Lors du sommet de Lisbonne (novembre 2010), les États membres de l’OTAN se sont contentés de réitérer les promesses antérieures. La visite de la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton (juillet 2010) a été suivie par le lancement de négociations avec l’Union européenne (UE) pour un accord d’association. Mais, signe que les priorités n’étaient pas les mêmes pour les deux parties, l’accord de libre-échange n’avait toujours pas abouti lorsque le premier « charter Frontex » a expulsé de Pologne des migrants géorgiens.

Cette conjoncture ne menaçait pas à court terme les autorités sur la scène intérieure, comme l’ont confirmé les élections locales du 30 mai 2010, qui se sont soldées par la victoire des candidats de la majorité et par la reconduction, notamment, du maire de Tbilissi Guivi Ougoulava. Les principaux atouts dont disposait M. Saakachvili étaient la division et le manque de crédibilité de l’opposition, et la volatilité du paysage politique. Mais le climat intérieur restait lourd, comme en ont témoigné les pressions exercées sur les journalistes ou la série d’explosions qui se sont produites à Tbilissi à l’automne 2010, promptement imputées à Moscou ou aux séparatistes. Conscient de la nécessité d’un affichage démocratique, le gouvernement a fait adopter des amendements constitutionnels réduisant les pouvoirs du prochain président.

L’année a en outre été marquée par une succession de conflits sociaux malgré l’aide internationale, et tout particulièrement par des manifestations de déplacés des zones de conflit, expulsés d’immeubles publics voués à la privatisation où ils avaient trouvé refuge.

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