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Mari Kiviniemi, ministre des Collectivités locales, longtemps perçue comme trop libérale, a connu une (brève) revanche le 22 juin 2010 lorsqu’elle est devenue Premier ministre, après avoir conquis la présidence du Parti du centre le 12 juin. Les élections législatives du 17 avril 2011 ont cependant traduit un déclin marqué de son parti (15,8 %). Le parti (conservateur) de la Coalition nationale (20,4 %) et le Parti social-démocrate (19,1 %) ont également perdu des sièges. Ces élections ont ainsi remis en cause une logique qui voyait à chaque élection deux de ces trois partis former un gouvernement de coalition, les conduisant à se ressembler de façon croissante. Ce système a certes perduré avec la mise en place d’un gouvernement regroupant le parti de la Coalition nationale, le Parti social-démocrate, le Parti populaire suédois (4,3 %), celui des chrétiens-démocrates (4 %), la Ligue verte (7,2 %) et l’Alliance de gauche (8,1 %), mais les négociations ont été les plus longues et les plus difficiles depuis l’après-guerre, les désaccords portant notamment sur la politique fiscale à adopter.
Le grand gagnant de ces élections a été le parti populiste des « Vrais Finlandais » (19,1 % des voix contre 4,1 % en 2007). Il a porté les thèmes de l’opposition à l’intégration européenne et à l’immigration, et a surfé sur les scandales politiques qui avaient abouti à la démission précipitée de Anneli Jäätteenmäki en juin 2003 et de Matti Vanhanen en juin 2010, deux précédents Premiers ministres. Il n’a pu rejoindre le gouvernement car Timo Soini, charismatique chef des « Vrais Finlandais », avait annoncé sa volonté de renégocier le plan de sauvetage du Portugal et son refus d’augmenter la participation de la Finlande au financement du Fonds européen de stabilité financière. Le conservateur Jyrki Katainen, ancien ministre des Finances et nouveau Premier ministre, avait au contraire défendu une ligne proeuropéenne durant la campagne.
Le taux d’inflation était de 3,3 % en mai 2011, et le taux de chômage de 8,2 % en avril 2011. Le PIB a crû de 3,1 % en 2010, après avoir cependant connu en 2009 la pire contraction depuis 1918. La situation économique s’est donc améliorée, mais la vigueur de l’euro, une (dure) grève des dockers du 4 au 19 mars 2010 et les difficultés persistantes de Nokia, qui a annoncé en mars 2011 un plan de restructuration et de nombreuses suppressions d’emplois, n’ont pas permis une reprise aussi vigoureuse que les Finlandais l’auraient souhaité.
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