Estonie 2010-2011  

Philippe Perchoc 
Mise en ligne : septembre 2011

Les Estoniens ne tiennent pas rigueur au gouvernement Ansip

L’année 2010 a été celle des bonnes nouvelles au plan économique pour le gouvernement de Tallinn. Le pays est devenu le 34e membre de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) en mai, et il a obtenu le feu vert de l’Union européenne (UE) pour devenir le 17e pays de la Zone euro, le 1er janvier 2011. Pourtant, la crise a été très brutale pour la petite économie ouverte de l’Estonie : le chômage a atteint le seuil historique de 19,8 % début 2010 et les coupes budgétaires ont eu des conséquences dramatiques pour l’emploi dans le secteur public. C’est ainsi grâce à une véritable « dévaluation interne », selon les termes en vigueur à Tallinn, que l’Estonie est sortie de la crise.

Or les mesures économiques radicales prises par le gouvernement de centre droit ont eu des résultats spectaculaires. Alors que la récession était de 14 % en 2009, l’Estonie a affiché une croissance de 3,1 % en 2010 et aurait sans doute le plus fort taux de l’UE en 2011, à plus de 4 %. Le déficit budgétaire, de 2,4 % en 2010, devait s’établir à 1,6 % en 2011. Le pays le plus pauvre de la Zone euro en PIB par habitant était aussi le plus vertueux : la dette publique des pays de la Zone euro représentait en moyenne 86,5 % de leur PIB, quand celle de l’Estonie ne dépassait pas 8 % en 2010.

Les bons résultats de l’économie estonienne ont permis au parti d’Andrus Ansip de remporter les élections parlementaires en mars 2011 et de maintenir la coalition au pouvoir.

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