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L’incapacité de la communauté internationale à faire respecter le tracé de la frontière avec l’Éthiopie favorable à Asmara conduisait le pouvoir érythréen à multiplier les provocations. C’était d’abord, au-delà de l’expulsion de l’opération onusienne sur la zone frontalière, en juillet 2008, le soutien aux islamistes somaliens, étendu aux courants les plus radicaux durant l’été 2008, pour faire mordre la poussière à l’occupation militaire éthiopienne. C’était aussi un incident frontalier avec Djibouti, en mai 2008, qui illustrait de nouveau l’indétermination des frontières régionales. Ou encore l’appui en grande fanfare au président soudanais Omar al-Bachir, poursuivi par la Cour pénale internationale (CPI) depuis mars 2009. Enfin, des facilités militaires octroyées à l’Iran en échange d’un appui économique nécessaire pour soutenir une économie de guerre à bout de souffle.
Les grandes puissances hésitaient sur la conduite à tenir : soit multiplier les sanctions en inscrivant l’Érythrée sur la liste des pays soutenant le terrorisme ; soit, au contraire, opter pour une approche radicalement nouvelle, en mettant en avant des sanctions positives en cas de désescalade. Cette seconde option, débattue par les membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, n’était pas sans risque face à un président érythréen de plus en plus imprévisible et un régime éthiopien très susceptible et principal interlocuteur des États occidentaux dans la région.
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