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Sous sanctions onusiennes depuis décembre 2009, l’Érythrée peinait à normaliser ses relations avec ses voisins. En juin 2010, cependant, Asmara a accepté la médiation du Qatar dans son conflit frontalier avec Djibouti. Cet apaisement n’a débouché sur aucune amélioration avec l’Éthiopie. Alors qu’Asmara soulignait la passivité de la communauté internationale dans la délimitation de sa frontière avec l’Éthiopie, Addis-Abéba multipliait les accusations de déstabilisation. Ainsi, fin janvier 2011, le régime érythréen était accusé d’avoir fomenté un complot contre le sommet de l’Union africaine qui venait de se tenir dans la capitale éthiopienne. En avril suivant, la communauté érythréenne était « invitée » à manifester son opposition au président érythréen alors que des groupes d’opposition réunis à Addis-Abéba annonçaient leur volonté d’établir un gouvernement en exil.
Plus inquiétantes pour la stabilité du régime en Érythrée étaient les évolutions régionales. La faiblesse persistante du Gouvernement fédéral transitoire (GFT) à Mogadiscio incitait les États-Unis à blâmer le soutien érythréen à l’opposition islamiste, dont l’importance était pourtant sujette à caution. L’indépendance à terme du Sud-Soudan remettait en cause l’équilibre précaire que Juba avait réussi à maintenir entre Éthiopie et Érythrée. Les révoltes en Libye, en Égypte et au Yémen impliquaient, au moins sur le court terme, un isolement accru de l’Érythrée au niveau régional et, en conséquence, son possible recours à des politiques aventuristes.
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