Équateur 2008-2009  

Marc Le Calvez 
Mise en ligne : septembre 2009

Nouveau mandat de Rafael Correa

La victoire du « oui » au référendum constitutionnel du 28 septembre 2008 a approfondi les perspectives de changement dans le cadre de la révolution citoyenne dirigée par le chef de l’État Rafael Correa. Pour la première fois, la gratuité de la santé et de l’éducation a été consacrée dans la Constitution. L’État a joué un rôle prédominant dans l’économie en se réservant le droit d’administrer les secteurs dits stratégiques (ressources naturelles non renouvelables, transports, télécommunications). Autre innovation, l’introduction des droits de la nature et du concept indigène du « vivre bien » comme nouvelle forme de développement compatible avec la préservation de l’environnement.

Néanmoins, le modèle économique extractiviste a contrasté avec le nouveau texte constitutionnel, alimentant la colère du mouvement indigène, dont la mobilisation contre la nouvelle loi minière, approuvée en janvier 2009, a confirmé la rupture entre la Confédération des nationalités indigènes de l’Équateur (CONAIE) et l’exécutif équatorien.

Malgré une tendance « caudilliste » du premier mandataire dénoncée par plusieurs secteurs et un scandale politico-judiciaire impliquant José Chauvin, ex-assesseur de l’ancien ministre de l’Intérieur, Gustavo Larrea, pour liens présumés avec le trafic de drogue et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), R. Correa a été réélu pour un nouveau mandat présidentiel dès le premier tour des élections générales du 26 avril (51,95 % des suffrages). Cette victoire sans surprise a confirmé la faiblesse de l’opposition et marqué un tournant dans la vie politico-électorale. Entre 1996 et 2006 (première élection de R. Correa), aucun gouvernement n’avait pu achever son mandat. Lucio Gutierrez, ancien chef de l’État (novembre 2002-avril 2005), venait en deuxième position (28,24 %) suivi d’Alvaro Noboa, candidat pour la quatrième fois à la présidentielle (11,44 %).

Sur le plan économique, la crise financière internationale a contraint le gouvernement à des restrictions budgétaires, du fait de la chute des cours internationaux du pétrole (première source de revenus de l’État) et de la baisse des remesas (transferts de fonds réalisés par les migrants à leurs familles en Équateur).

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