Émirats arabes unis (EAU) 2008-2009  

Akram  Belkaïd 
Mise en ligne : septembre 2009

Crise immobilière à Dubaï

Après plusieurs années d’euphorie, le marché immobilier des Émirats arabes unis (EAU) a connu en 2008 une chute des prix de plus de 80 %. Le brutal dégonflement de cette bulle, née au début des années 2000, a provoqué de nombreux défauts de remboursements de la part de ménages qui s’étaient endettés pour acquérir des biens immobiliers et, le plus souvent, pour spéculer. Dans le même temps, les turbulences financières mondiales et l’assèchement des crédits bancaires ont heurté de front de nombreuses entreprises de Dubaï, et cela dans une conjoncture locale pourtant favorable puisque le produit intérieur brut (PIB) émirati a enregistré une croissance de 7,4 % en termes réels en 2008, en raison de la hausse des prix du pétrole.

Éprouvant des difficultés à se refinancer sur les marchés internationaux, les entreprises dubaïotes ont dû ralentir leur activité et réduire leurs effectifs. Du coup, de nombreux expatriés occidentaux ont perdu leurs emplois. Forcés de quitter le pays, leurs déboires largement médiatisés en Europe et aux États-Unis ont provoqué la nervosité des autorités qui ont dénoncé une campagne internationale de dénigrement. Et tandis que les observateurs s’interrogeaient sur la « fin du modèle Dubaï », Abu Dhabi, qui possède 80 % des réserves pétrolières des EAU, a peu à peu imposé l’image d’un émirat au développement mieux maîtrisé avec des capacités financières importantes, son fonds souverain détenant près de 800 milliards $ à la fin du premier semestre 2009.

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