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L’actualité égyptienne en 2008-2009 a été dominée par une double crise, économique mais aussi régionale, avec les retombées de l’opération israélienne « Plomb durci » à Gaza en décembre 2008. Le gouvernement espérait que les populations les plus pauvres (40 % des Égyptiens vivent avec 1,5 € environ par jour) commenceraient à ressentir en 2009 les effets bénéfiques de sa politique de libéralisation économique. Plus sceptiques, les experts posaient comme préalable le maintien de la croissance à son niveau de 2007-2008, soit 7,2 %. Or la croissance ne devait pas dépasser 3,5 % pour l’année fiscale 2008-2009, un niveau insuffisant pour maintenir l’emploi. Économie rentière – tourisme, pétrole, canal de Suez et revenus des expatriés –, l’Égypte n’a pas été épargnée par la crise financière mondiale. Première source de devises du pays, le tourisme a enregistré au premier trimestre 2009 une chute de 30 à 50 % dans la vallée du Nil et les stations balnéaires de la mer Rouge, alors qu’il avait battu en 2008 ses records d’affluence (12,8 millions de visiteurs) et de revenus (11 milliards $). Ce qui en fait un secteur vital pour l’économie du pays (11,1 % du PNB et 12,6 % de la population active).
Affecté par la crise, le canal de Suez (5 milliards $ de revenus en 2008) a aussi été fragilisé par les actes de piraterie au large de la Somalie. Certains armateurs ont de ce fait délaissé cette route au profit du cap de Bonne-Espérance. La fréquentation du canal a ainsi baissé de 25 % début 2009 par rapport à 2008.
L’Égypte s’inquiétait enfin de l’expulsion de dizaines de milliers de travailleurs expatriés dans le Golfe. Les emplois d’un demi-million d’Égyptiens semblaient menacés, faisant craindre une explosion du chômage, officiellement contenu autour de 9 %.
La chute des cours mondiaux du pétrole a en revanche profité à l’Égypte, qui subventionne l’essence, en lui permettant d’économiser l’équivalent de quelque 10 milliards € en 2008-2009. Autre bonne nouvelle, l’inflation, qui atteignait 25 % en rythme annuel en août 2008, était redescendue à 11,6 % en mars 2009.
L’Égypte a bien failli être emportée par la guerre à Gaza avant de réussir un spectaculaire rétablissement diplomatique. Après avoir accueilli la chef de la diplomatie israélienne Tzipi Livni au Caire le 25 décembre 2008, deux jours avant l’offensive israélienne, le président Hosni Moubarak a été accusé dans le monde arabe d’avoir, au mieux, cautionné Israël, au pire, collaboré avec l’État hébreu en désinformant le Hamas sur l’imminence de l’attaque. Redoutant un afflux de réfugiés palestiniens, l’Égypte a également été critiquée pour avoir maintenu le terminal frontalier de Rafah fermé au plus fort de la crise humanitaire à Gaza.
Mais la diplomatie cairote a finalement repris la main. Avec l’appui du président français Nicolas Sarkozy, elle a négocié en janvier 2009 les conditions d’une trêve à Gaza, dont le contrôle du trafic d’armes à sa frontière. Elle a également œuvré pendant le premier semestre 2009 à une réconciliation entre le Hamas et le Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas en vue de former un gouvernement d’union nationale, préalable à toute relance crédible du processus de paix avec Israël.
Préoccupée par le retour au pouvoir de Benyamin Netanyahou en Israël (fin mars 2009) et la nomination d’Avigdor Lieberman (Yisraël Beiteinou), qui avait envisagé il y a quelques années de bombarder le barrage d’Assouan, l’Égypte a également vu d’un mauvais œil le mandat d’arrêt émis par la Cour pénale internationale (CPI) le 4 mars 2009 contre le président soudanais Omar al-Bachir, accueilli en grande pompe au Caire le 25 mars.
Apogée de son retour sur la scène diplomatique, l'Égypte a été choisie par le président américain Barack Obama pour son grand discours au monde musulman, le 4 juin 2009.
La situation intérieure a été dominée par une actualité judiciaire et sécuritaire. La chute du milliardaire Hisham Talaat Moustafa, magnat du BTP, ponte du parti au pouvoir et proche de Gamal Moubarak, le fils du président et son héritier présomptif, a stupéfait l’Égypte en septembre 2008. Le régime a « lâché » son protégé sous la pression des autorités de Dubaï, où sa maîtresse a été assassinée par un ancien policier égyptien. Rapidement arrêté, celui-ci a accusé H. T. Moustafa d’avoir commandité le crime. Un black-out médiatique a été décrété sur son procès.
En février 2009, la libération pour « raisons de santé » d’Ayman Nour, arrivé en deuxième position lors de la présidentielle de 2005 avec 7,6 % des voix, mais emprisonné depuis pour « falsification de documents officiels », a constitué une autre surprise. Elle a été interprétée comme un geste de bonne volonté à l’égard du nouveau président américain Barack Obama, Le Caire ayant jusqu’alors ignoré tous les appels à la clémence de Washington.
Tout aussi inattendue a été l’annonce de la retraite de Mohammed Mehdi Akef à la fin de son mandat, en 2010. Nommé en 2004, le septième guide suprême des Frères musulmans, principale force d’opposition parlementaire du pays, a justifié sa décision par son âge (80 ans), en invitant le président Hosni Moubarak (80 ans également) à ne pas briguer un sixième mandat en 2011.
Presque trois ans après les derniers attentats à Dahab, dans le Sinaï (avril 2006), l’Égypte a replongé dans le terrorisme en février 2009 avec l’explosion d’une bombe près du souk du Khan el-Khalili, au Caire, qui a tué une jeune touriste française. Les autorités ont mis en cause une « cellule islamiste isolée ». En avril, elles ont annoncé le démantèlement dans le Sinaï d’un « réseau » du Hezbollah libanais, accusant ce dernier d’avoir organisé un trafic d’armes vers Gaza et planifié des attaques contre des touristes israéliens. Les violentes critiques du Caire contre le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah – qui avait lui-même appelé les Égyptiens à se révolter pendant la guerre à Gaza –, ont provoqué une recrudescence des tensions avec l’Iran, principal soutien du mouvement chiite libanais et rival régional de l’Égypte sunnite.
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