Croatie 2008-2009  

Diane Masson 
Mise en ligne : septembre 2009

Le chemin de l’Europe bloqué par la Slovénie

La Croatie a été ébranlée à l’automne 2008 par deux événements qui ont fait resurgir les séquelles de la guerre des années 1990, et mis en évidence ses points faibles sur le plan judiciaire et sécuritaire. Le 6 octobre 2008, la fille de l’avocat Zvonimir Hodak était en effet assassinée à Zagreb (son père était engagé dans la défense du général Zagorec, ministre adjoint de la Défense de 1993 à 2000). Accusé de détournements de fonds, ce dernier venait d’être extradé d’Autriche et se préparait à un procès à haut risque, après avoir reçu des menaces des milieux mafieux.

Le Premier ministre Ivo Sanader a réagi rapidement en procédant à un léger remaniement ministériel. Ivan Simonovic remplaçait ainsi Ana Lovrin à la Justice et Tomislav Karamarko succédait à Berislav Roncevic à l’Intérieur, tandis que le chef de la police nationale était limogé. Cette intervention et les déclarations gouvernementales sur le lancement d’une opération de grande envergure contre la criminalité organisée n’ont toutefois pas empêché l’explosion d’une voiture piégée, le 24 octobre 2008, au siège de l’hebdomadaire Nacional, tuant son fondateur, Ivo Pukanic – connu pour ses liens avec des réseaux très divers, allant du politique aux milieux criminels – et un des ses collaborateurs.

La crise économique et financière internationale n’épargnait pas la Croatie, qui devait connaître en 2009 une diminution d’environ 2 % de son PIB. Le nombre des employés dans le secteur industriel avait quant à lui perdu 25 000 salariés depuis février 2008, mouvement qui semblait se poursuivre à un rythme rapide.

L’entrée de la Croatie dans l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) est devenue effective à l’occasion du sommet de l’Alliance à Strasbourg-Kehl (3-4 avril 2009). En revanche, l’adhésion à l’UE, deuxième objectif stratégique de la Croatie, était freinée par le blocage slovène sur 10 chapitres des négociations croates, dont 7 « portant préjudice au différend frontalier entre les deux pays » selon Ljubljana. Une médiation était menée par la Commission européenne, qui déplorait fortement l’irruption de contentieux bilatéraux sur le processus d’intégration.

Pour avoir accès à 30 ans d'analyses et de données (statistiques, cartes, chronologies, etc.) sur ce pays et sur bien d'autres questions nationales et internationales, abonnez-vous à l'Encyclopédie de l'état du monde.