Croatie 2010-2011  

Diane Masson 
Mise en ligne : septembre 2011

Un gouvernement affaibli

Le gouvernement croate sous l’égide de Jadranka Kosor (HDZ, Communauté démocratique croate) traversait depuis la fin 2010 une période de turbulences, soumis à de fortes pressions de la rue et de l’opposition, qui réclamait des élections législatives anticipées. L’ancien Premier ministre Ivo Sanader a été interpellé en Autriche le 10 décembre 2010 en vertu d’un mandat d’arrêt international diffusé par l’unité croate spécialisée dans la lutte contre la corruption et le crime organisé. Le pays a également été secoué par l’arrestation en Bosnie d’un ancien combattant croate, Tihomir Purda, le 7 janvier 2011. L’émotion suscitée en Croatie par cet événement a confirmé la grande sensibilité que revêtait encore la question des crimes de guerre dans la région, corroborée par les diverses manifestations de soutien aux généraux Gotovina et Markac à la suite de leur condamnation (à respectivement 24 ans et 18 ans de détention) par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie en avril 2011, pour avoir participé activement à l’« entreprise criminelle » conduite par le président Tudjman en 1995.

La Croatie peinait à sortir de la crise économique l’ayant touchée fin 2008. La mise en œuvre des réformes de fond, nécessaires mais coûteuses socialement, se poursuivait (restructuration de l’industrie et des entreprises publiques et refonte du système de retraite principalement).

La politique étrangère croate, menée à la fois dans l’objectif d’une intégration européenne et d’un rôle de leader en Europe du Sud-Est à travers ses engagements dans les initiatives régionales, demeurait inchangée. Les autorités croates visaient une adhésion à l’Union européenne (UE) fin 2012 ou début 2013. Toutefois, deux obstacles restaient à surmonter pour parvenir à achever les seules négociations d’adhésion : la finalisation du plan de restructuration du chantier naval Treci maj et la question de la réduction des capacités des chantiers. En outre, le rapport intermédiaire de la Commission européenne sur le chapitre 23 « Pouvoir judiciaire et droits fondamentaux », publié en mars 2011, demandait à la Croatie de fournir des efforts supplémentaires dans ces domaines. Le calendrier ambitieux fixé par le gouvernement n’était donc pas à l’abri d’un glissement.

La volonté de tourner la page des affrontements du passé et d’avancer sur la voie de la réconciliation régionale se confirmait quant à elle, principalement sous l’impulsion du président Josipovic, et malgré la persistance de contentieux divers hérités des années 1990.

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