Costa Rica 2010-2011  

David Garibay 
Mise en ligne : septembre 2011

Première année houleuse pour Laura Chinchilla

La première année du gouvernement de Laura Chinchilla, élue à la tête de l’État en février 2010, s’est inscrite dans la continuité des présidences antérieures. À l’occasion de son discours de première année de mandat, la présidente a rappelé que sa priorité était la lutte contre l’insécurité, dans un pays beaucoup moins touché que ses voisins par ce problème. Mais L. Chinchilla a rencontré des difficultés dans ses relations avec les députés et les principaux dirigeants politiques, ce dont ont témoigné plusieurs crises sur le salaire des députés, sur le statut des avocats, et deux remaniements ministériels, avec la création d’un ministère de la Communication en février 2011 et la démission du ministre de la Présidence en avril suivant.

Malgré une chute de sa popularité, la population a reconnu sa capacité à gérer la crise frontalière avec le Nicaragua, un litige opposant depuis octobre 2010 les deux pays riverains sur 150 km2 de zones marécageuses dans le delta d’un fleuve frontalier. Les travaux de désensablement entrepris par Managua ont été critiqués par San José pour leurs effets sur l’environnement. Si l’attitude agressive du président nicaraguayen était assez habituelle, le discours de fermeté de L. Chinchilla a surpris : elle a répondu à la présence de soldats nicaraguayens dans la zone par le déploiement très médiatisé de forces de police à la frontière – le pays ayant aboli l’armée en 1948. Le litige a été porté jusqu’à la Cour internationale de justice qui a demandé, en l’attente d’une solution, le retrait des forces armées de la zone. Pris en tenaille entre deux discours patriotiques, les milliers de migrants nicaraguayens présents au Costa Rica ont été les principales victimes de ce litige.

En avril 2011, l’ancien président Miguel Angel Rodriguez a été condamné à cinq ans de prison et douze ans de privation de ses droits civiques pour malversations.

L’économie costaricienne a connu une importante reprise en 2010, avec un taux de croissance du PIB de 4 %, soutenu par un dynamisme des exportations, des investissements directs étrangers et du tourisme. Le gouvernement a poursuivi les orientations de ses prédécesseurs, en ouvrant le marché interne à la concurrence et en promouvant les accords de libre-échange. Le déficit budgétaire s’est encore creusé, problème chronique dans ce pays doté d’un important système de redistribution sociale. Pour le financer, le gouvernement a eu recours à l’emprunt sur les marchés internationaux, où il bénéficiait d’une évaluation positive des agences de notation.

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