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Alors qu’elle entamait la dernière année de son mandat présidentiel (2006-2010), Michelle Bachelet a su retrouver depuis le début de la crise économique et financière internationale la confiance des citoyens chiliens. L’enquête Adimark de mars 2009 la créditait, en effet, de 62,2 % d’approbation, un chiffre qui n’avait été atteint que dans les tout premiers mois de son investiture, en mars 2006. C’est particulièrement sa gestion économique qui a fait l’objet d’un large soutien. Pour parvenir à préserver le pays des effets les plus dévastateurs de la récession mondiale, le gouvernement a annoncé en janvier 2009 un plan de relance de 4 milliards $, soit l'équivalent de 2,4 % du PIB chilien en 2008. L'argent de la relance provient en grande partie du « Fonds de stabilisation économique et sociale », principal actif du fonds souverain chilien, valorisé fin novembre 2008 à près de 22 milliards $ par le Fonds monétaire international (FMI).
L’épargne réalisée ces dernières années grâce au prix élevé du cuivre porte ainsi ses fruits et permet au gouvernement d’intervenir généreusement, sans trop grever le budget de l’État. « Quand le monde parlera de contraction, nous parlerons de croissance », a ainsi assuré la présidente du Chili, qui s’est dite disposée, deux mois après l’annonce du premier plan, à mobiliser de nouveaux fonds, le cas échant. Selon les dernières estimations de la Banque centrale chilienne, le PIB devrait croître de 1,5 % en 2009, alors que, jusqu'à l'été dernier, Santiago comptait sur 4 % de croissance. Ce chiffre lui permettra de faire partie du petit groupe de pays capables à l’échelle mondiale d’afficher un taux de croissance positif.
Son volontarisme politique doublé, jusqu’à présent, de sa relativement bonne tenue économique ont permis à Michelle Bachelet d’accueillir avec succès le Sommet des progressistes, les 27 et 28 mars 2009. Une demi-douzaine de chefs d'État et de gouvernement, dont le vice-président américain Joe Biden, les Premiers ministres britannique, Gordon Brown, et espagnol, José Luis Zapatero, ainsi que le président brésilien Luis Inacio da Silva, ont en effet convergé vers la station balnéaire de Viña del Mar, pour une conférence hautement médiatisée, où ils ont appelé au renforcement des politiques de justice sociale.
La popularité reconquise par Michelle Bachelet (de 10 points supérieure à celle de son gouvernement) est venue à point nommé, car après dix-neuf ans d’exercice ininterrompu du pouvoir, la coalition de centre gauche dont elle fait partie – la « Concertación » – a subi un clair effet d’usure. Après d’importantes défections au début de l’année 2008, la « Concertación » n’a cessé de perdre du terrain auprès de son électorat. La principale figure politique de l’opposition, Sebastián Piñera, puissant homme d’affaires du parti « Renovación Nacional », a en effet, pendant plusieurs mois d’affilée, été prédit vainqueur par les enquêtes d’opinion de l’élection présidentielle, qui aura lieu en décembre 2009. Le regain d’approbation dont a bénéficié Michelle Bachelet semble néanmoins, d’après les sondages de TNS-Times de mars 2009, avoir des retombées positives pour l’ex-président et candidat de la « Concertación », Eduardo Frei.
Les enquêtes d’opinion réalisées au cours du premier trimestre 2009 sont cependant à prendre avec d’autant plus de prudence qu’une réforme constitutionnelle du registre électoral a été approuvée par le Congrès et promulguée par la présidente le 27 mars 2009. Celle-ci prévoyait l’inscription automatique sur les listes électorales de tous les citoyens à leur majorité (18 ans), ainsi que le caractère volontaire du suffrage ; le vote était en effet auparavant obligatoire et le système souffrait d’une importante désaffection des jeunes, très nombreux à ne pas s’inscrire sur les listes électorales. On prévoit de la réforme qu’elle permette de passer de 8,1 à 11,9 millions d’électeurs, soit une augmentation de 46,9 %.
Principaux nouveaux électeurs, les jeunes sont appelés à jouer un rôle politique d’autant plus important qu’ils sont devenus, au cours des dernières années, des acteurs sociaux de premier ordre (le mouvement des lycéens en 2006 a été le plus suivi depuis le retour à la démocratie en 1990) et qu’ils sont les premiers touchés par l’augmentation du chômage due à la crise (selon l’Institut national de la jeunesse, le chômage des jeunes pourrait atteindre jusqu’à 30 % en 2009).
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