Centrafrique 2010-2011  

Thomas Hofnung 
Mise en ligne : septembre 2011

Retour des tensions avec les élections

Le président sortant François Bozizé a prêté serment, le 15 mars 2011, pour un second mandat de cinq ans à la tête de la République centrafricaine. Sa victoire lors de la présidentielle du 23 janvier 2011, avec plus de 64 % des voix, avait été proclamée le 1er février par la Cour constitutionnelle.

L’ancien chef de l’État Ange-Félix Patassé, renversé par F. Bozizé le 15 mars 2003, est arrivé en deuxième position avec 20,1 % des suffrages. Quant à l’adversaire du chef de l’État au second tour de la présidentielle de 2005, Martin Ziguélé, il n’a recueilli qu’un maigre 6,46 %.

L’opposition a dénoncé de multiples irrégularités lors de ce scrutin, relevées également par les observateurs internationaux, dont ceux de l’Union européenne (UE), qui a financé l’élection. Mais le chef de l’État centrafricain est passé outre ces critiques, provoquant la colère de l’opposition parlementaire qui a décidé de boycotter les élections législatives de mars 2011. Ce passage en force de la part de l’ancien haut gradé apparaissait lourd de menaces dans un pays en proie à des rébellions récurrentes. Ces nouvelles tensions survenaient alors que le programme de démobilisation et de réinsertion des groupes armés faisait du surplace. En mars 2011, les rebelles de l’Armée populaire pour la restauration de la démocratie (APRD) contrôlaient toujours une partie du nord-ouest du pays.

Lors de son investiture, le président Bozizé a déclaré vouloir « poursuivre la relance de l’économie nationale » et lutter « contre la corruption et le chômage ». Pour relever ces défis, il avait toujours un besoin vital de l’aide des bailleurs de fonds étrangers. En février 2011, l’UE accordait une aide de 28,2 milliards de francs CFA (43 millions d’euros) à Bangui, dans le cadre du 10e Fonds européen de développement, couvrant la période 2008-2013. De son côté, le vice-ministre chinois du Commerce, en visite en Centrafrique, annonçait des dons et un prêt de son gouvernement de plus de 15 millions d’euros pour financer un projet de centrale électrique.

Selon la Banque des États d’Afrique centrale (BEAC), la croissance devait atteindre le taux de 3 % en 2010 en Centrafrique, à la faveur du retour à une certaine stabilité politique. Toutefois, malgré de substantielles ressources en uranium, en or et en diamants, le pays demeurait au 159e rang sur 169 dans le dernier classement de l’ONU établi sur la base de l’indice de développement humain (IDH).

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