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Ange-Félix Patassé, chassé du pouvoir en 2003, donnant l’accolade à son tombeur, le général François Bozizé, élu président deux ans plus tard, le 8 mai 2005, lors d’un scrutin entériné par la communauté internationale. Cette scène inédite se déroulait en décembre 2008 au Forum sur la paix de Bangui réunissant, dans le cadre d’un « dialogue inclusif », quelque 200 délégués, acteurs politiques et représentants de mouvements rebelles. Plusieurs dirigeants africains, dont l’incontournable président gabonais Omar Bongo, décédé en juin 2009, avaient parrainé cette grand-messe de la réconciliation.
Conformément aux conclusions de ce forum, le chef de l’État F. Bozizé renommait, en janvier 2009 (après une première nomination en 2008), le professeur de mathématiques Faustin-Archange Touadéra au poste de Premier ministre. Le nouveau gouvernement de F.-A. Touadéra intégra des membres de l’opposition non armée, mais aussi d’ex-rebelles. Ainsi François Naouyama, de l’Armée populaire pour la restauration de la démocratie (APRD), principale rébellion depuis 2005, hérita du ministère de l’Environnement, et Djomo Didou, du mouvement rebelle Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), du Logement. Ce cabinet d’ouverture devait préparer les élections générales prévues en 2010.
Cette détente demeurait toutefois très fragile dans ce pays en état d’instabilité permanente depuis son indépendance (1960). Début 2009, un nouveau groupe rebelle, la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP), vit le jour, revendiquant plusieurs attaques et poussant 6 000 personnes à fuir au Tchad voisin. La France, ancienne puissance coloniale, continua à maintenir un petit détachement militaire réparti entre la capitale Bangui, Bouar et Birao (nord).
Classée en 171e position sur 177 dans le classement du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), la République centrafricaine, dont les deux tiers de la population vivent sous le seuil de pauvreté, restait un État assisté financièrement. La Banque mondiale lui accordait en avril 2009 un don de près de 39 milliards $ pour mettre en œuvre un plan en faveur du secteur éducatif, totalement sinistré – dans les quelques établissements scolaires encore viables, on comptait plus d’une centaine d’élèves par classe.
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