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Le Cambodge a été plongé dans le deuil après une tragique bousculade sur un pont à Phnom Penh, le 22 novembre 2010, au moment de la traditionnelle Fête des eaux. Le Premier ministre Hun Sen a qualifié l’accident, qui a coûté la vie à 353 personnes, de « plus grande tragédie depuis Pol Pot », mais il a annoncé que personne ne serait puni pour cette « erreur collective ».
Le 26 juillet 2010, le tribunal soutenu par les Nations unies et chargé de juger les anciens hauts responsables khmers rouges a condamné Duch, l’ex-directeur du centre de torture S-21, à trente ans de prison, dont onze ont déjà été effectués. L’accusé a fait appel après avoir renvoyé son avocat français, qui l’incitait à reconnaître sa responsabilité.
Le conflit frontalier avec la Thaïlande a donné lieu à de nouveaux accrochages entre les deux pays, qui revendiquent une zone de 4,6 km² à proximité du temple de Preah Vihear. Le 29 décembre 2010, un député thaïlandais a été arrêté avec six autres personnes pour avoir pénétré illégalement au Cambodge. Entre le 4 et le 8 février 2011, des échanges de tirs ont fait une dizaine de morts, dont un civil, et une trentaine de blessés. À l’issue de l’accrochage armé, le gouvernement a mis l’accent sur le rôle joué par le général Hun Manet, fils du Premier ministre, ouvrant la voie à des spéculations sur une éventuelle succession à Hun Sen, 59 ans, au pouvoir depuis 1985. Le 18 juillet 2011, la Cour internationale de justice (CIJ), saisie par le Cambodge, a demandé, en guise de mesure provisoire pour éviter tout nouvel affrontement, le retrait des abords du temple des troupes des deux parties.
La situation politique intérieure restait bloquée malgré une « union sacrée » observée sur le dossier de Preah Vihear entre le Parti du peuple cambodgien (PPC) au pouvoir et l’opposition. Le chef de file de celle-ci, Sam Rainsy, vivait en exil depuis sa condamnation, en 2010, à un total de douze ans de prison pour avoir contesté le tracé de la frontière khméro-vietnamienne. Sa participation aux élections législatives de 2013 restait incertaine. Les révolutions démocratiques dans le monde arabe n’ont pas eu de répercussions au Cambodge, même si le site Internet KI-Media, proche de l’opposition, a été bloqué plusieurs semaines alors qu’il établissait des rapprochements entre Hun Sen, Hosni Moubarak et Zine el-Abidine Ben Ali.
En septembre 2010, un mouvement social de grande ampleur a touché pendant plusieurs jours les usines de textile. Plus de 200 000 ouvriers ont cessé le travail pour demander l’augmentation du salaire minimum à 93 dollars par mois. La grève, qualifiée d’illégale par le patronat, a donné lieu à une vague de licenciements des meneurs présumés dans les mois qui ont suivi la reprise du travail.
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