Cambodge 2008-2009  

Stéphanie Gée 
Mise en ligne : septembre 2009

Premier procès d’un ancien responsable khmer rouge

Deux mois après la célébration, le 30 janvier 2009, du 30e anniversaire de la chute du régime de Pol Pot s’ouvrait enfin le premier procès d’un auteur de crimes sous le régime khmer rouge. Duch, l’ancien directeur du centre de détention S-21, où périrent plus de 15  000 prisonniers, comparaissait pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre devant les Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens. Au deuxième jour de son procès, Duch demanda froidement pardon à ses victimes tandis que le Premier ministre Hun Sen appelait publiquement à ne pas poursuivre d’autres anciens hiérarques khmers rouges, en sus des cinq déjà mis en examen. Au milieu de l’année 2007, des allégations de corruption au sein de la partie cambodgienne du tribunal avaient entraîné un gel des fonds et l’ouverture d’une enquête.

Sans surprise, les élections législatives de juillet 2008 consacraient une victoire sans partage de la formation du Premier ministre, le Parti du peuple cambodgien (PPC), qui raflait 90 des 123 sièges de l’Assemblée nationale. L’opposition dénonçait de nombreuses irrégularités, qui n’auraient guère modifié les résultats, selon la communauté internationale.

L’inscription, le 7 juillet 2007, du temple de Preah Vihear sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco s’est ensuivie d’un litige frontalier. Les Thaïlandais revendiquaient la souveraineté sur cet édifice khmer du xie siècle, juché à quelques mètres de leur frontière commune. Un bras de fer commençait, émaillé d’accrochages parfois meurtriers, tandis que les pourparlers entre les deux pays avançaient à petits pas, compliqués par les troubles intérieurs auxquels faisait face Bangkok depuis de longs mois. Face à cette violation de son territoire, le Cambodge se retrouvait seul et était appelé à privilégier des négociations pacifiques et bilatérales.

Fin 2008, pays donateurs et organisations internationales promettaient de doter le royaume de près de 1 milliard $ pour 2009. Après avoir affiché des taux de croissance records, l’économie cambodgienne souffrait à son tour de la crise mondiale. Le tourisme, la confection textile et la construction, trois des quatre piliers de son économie, accusaient des chiffres à la baisse début 2009, face notamment à une réduction de la demande des marchés américain et européen, et d’une baisse du nombre d’investisseurs externes. Le quatrième pilier, l’agriculture, séduisait quant à lui des pays du Moyen-Orient en quête de marchés où s’approvisionner.

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