Burundi 2008-2009  

Barbara Vignaux 
Mise en ligne : septembre 2009

L’adieu aux armes

L’année 2009 était placée sous le signe de l’adieu aux armes. Le 18 avril, Agathon Rwasa, le leader du dernier mouvement rebelle burundais, le Palipehutu-FNL, annonçait qu’il renonçait définitivement à la lutte armée. Trois jours plus tard, son mouvement se transformait en parti politique, le 42e du pays, concluant ainsi le processus débuté avec l’accord global de cessez-le-feu du 7 septembre 2006 et, au-delà, une guerre civile de treize ans. En mai 2009, les derniers enfants soldats burundais, enrôlés dans les rangs du FNL, retrouvaient leurs familles en divers points du pays.

Restait à achever la démobilisation des 5 000 combattants de l’ancienne rébellion FNL et leur intégration, pour partie, dans les rangs des forces de sécurité et de défense. Plus de 10 000 anciens miliciens ont bénéficié d’une aide financière et sont rentrés chez eux.

Signe d’un retour durable à la paix, le déminage était pratiquement achevé : fin 2008, selon le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), 99 % des zones « suspectes » étaient nettoyées. La violence armée restait toutefois endémique : en 2008, elle faisait plus de 1 000 morts et près de 1 300 blessés, selon une étude de l’association Small Arms Survey. Sur quelque 100 000 armes entrées illégalement dans le pays, on estimait, début 2009, que 35 000 à 40 000 avaient été retirées de la circulation.

Afin de soutenir le retour à la paix, le Conseil de sécurité prorogea jusqu’au 31 décembre 2009 le mandat du Bureau intégré des Nations unies au Burundi (BINUB), la mission de consolidation de la paix qui succéda en 2007 à la mission de maintien de la paix. Parmi les principales tâches à l’agenda, l’organisation des élections législatives et présidentielle en 2010. Le président actuel, Pierre Nkurunziza, était pressenti comme candidat à sa propre succession.

En attendant, les signes de « normalisation » se multipliaient. Le Burundi s’était doté d’un nouveau code pénal consacrant l’abolition de la peine de mort et intégrant des dispositions contre la torture, le génocide, les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre. Afin de répondre aux revendications des fonctionnaires, le pays mit en place, en mai 2009, une commission pour l’harmonisation des salaires.

Les défis à venir restaient néanmoins nombreux. La Tanzanie ayant fermé ses camps de réfugiés en décembre 2008, plus de 100 000 réfugiés devaient rentrer au Burundi. Une commission fut créée par Bujumbura, les Nations unies et des ONG pour œuvrer à leur réinstallation dans ce pays où la densité de population avoisine 300 habitants/km2. Le Burundi souffrait par ailleurs d’une situation sanitaire très difficile. Paludisme, diarrhée, pneumonie et VIH conjuguant leurs effets, les taux de mortalité des nourrissons et des enfants de moins de 5 ans demeuraient parmi les plus élevés du monde. En 2007, l’espérance de vie ne dépassait pas 49 ans (44 ans en 1970). Enfin, le défi démographique était colossal : sur une population de 8,5 millions d’habitants, la moitié était âgée de moins de 18 ans.

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