Burkina Faso 2008-2009  

Issiaka Mandé 
Mise en ligne : septembre 2009

Remaniement ministériel

L’année 2008-2009 a été rythmée par les manifestions contre la « vie chère » en février-mars, notamment à Ouagadougou, les annonces de mesures de régulation des ressources de l’État, la mise en œuvre de programmes sociaux et la moralisation de la vie politique. En effet, les rapports de la Cour des comptes relevaient de nombreuses anomalies dans la gestion des fonds publics et du patrimoine des organismes publics, avec une mise en cause de personnalités politiques.

Aussi de nombreux Burkinabés adhéraient-ils à la moralisation de la vie publique, pourtant jugée timorée, et aux plans d’économies entrepris par le gouvernement. Des cadres du parti au pouvoir, le Congrès pour la démocratie et le progrès, ont même formé, pour un temps bref, un courant de « refondation » portant des revendications que ne déniaient pas les partis de l’opposition avant de démissionner de toutes les structures du parti.

C’est dans ce contexte politique qu’est intervenu, le 3 septembre 2008, un remaniement ministériel. Le nouveau gouvernement (34 membres) enregistrait l’arrivée de six nouveaux ministres. Le seul fait notable était la nomination de l’ancien ministre de la Santé Bédouma Alain Yoda aux Affaires étrangères et à la Coopération régionale, au moment où la diplomatie était engagée dans la résolution des conflits régionaux, l’élection du pays comme membre non permanent du Conseil de sécurité et l’ouverture à des pays hors de sa sphère de rayonnement traditionnelle.

En matière de coopération bilatérale, outre le raffermissement des relations avec de nombreux pays par l’ouverture d’ambassades, des conventions de coopération ont été signées, notamment avec l’Afrique du Sud et la Guinée équatoriale. Les visites du président ivoirien Laurent Gbagbo ont, elles, permis la consolidation des relations bilatérales, la tenue chaque année de deux Conseils de ministres conjoints alternativement dans les deux capitales. Ce projet participait de l’ambition des deux États de devenir les piliers de la coopération sous-régionale, de mieux intégrer leurs économies et d’engager une recomposition de la géopolitique en Afrique de l’Ouest francophone.

En politique intérieure, c’était à un jeu de clarifications que se sont livrés les parlementaires en redéfinissant le statut du chef de file de l’opposition et en fixant les conditions pour bénéficier du financement public.

Au niveau culturel, le Burkina Faso a connu des réussites avec les grandes manifestations (Festival panafricain du cinéma et de la télévision Fespaco, Salons de l’artisanat, de l’hôtellerie ou encore Semaine nationale de la culture). Le renouement du principe des fêtes commémoratives de l’indépendance a donné lieu à des manifestations de grande ampleur à Fada Ngourma.

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