Burkina Faso 2010-2011  

Issiaka Mandé 
Mise en ligne : septembre 2011

Le président Compaoré réélu sans surprise

L’élection présidentielle du 21 novembre 2010, sans enjeux majeurs, n’a pas mobilisé le corps électoral malgré la prorogation des délais d’inscription sur les listes et de nombreuses actions incitatives du gouvernement. Le parti au pouvoir (Congrès pour la démocratie et le progrès – CDP), qui s’est livré à une surenchère avec son congrès réunissant plus de 3 800 délégués, n’a pu éviter une campagne électorale terne. Blaise Compaoré a finalement été réélu avec 80,15 % des voix, et un taux de participation de 54,8 %.

Conscient de ce désintérêt, le président a décidé d’engager un train de réformes politiques en vue de « l’édification d’un Burkina émergent ». La classe politique n’y a vu qu’un désir de modifier l’article 37 de la Constitution avec sa clause limitative des mandats présidentiels. C’est pourquoi des coalitions regroupant la société civile et les partis de l’opposition se sont ingéniées à bloquer toute réforme. Dans ce contexte, le gouvernement a démissionné le 11 janvier 2011. Le Premier ministre, Tertius Zongo, a été reconduit dans ses fonctions le lendemain et a réuni des caciques du parti au pouvoir dans un nouveau gouvernement : Bongnessan Arsène Yé, Assimi Koanda, ainsi que Jérôme Bougouma, qui avait démissionné précédemment pour une affaire de mœurs.

Les indicateurs socioéconomiques montraient un pays en crise. Les manifestations contre la vie chère et l’instauration de nouvelles taxes se sont multipliées. Les militaires, mécontents des décisions de justice rendues dans des affaires de mœurs les impliquant, ont détruit en mars 2011 des locaux judicaires et s’en sont pris aux biens de particuliers et à des personnalités comme le maire de Ouagadougou. Dans un souci d’apaisement, le chef de l’État a initié une série de concertations et a nommé le 21 avril 2011 un nouveau gouvernement dirigé par Luc Adolphe Tiao, qui a annoncé en mai une baisse des prix des denrées de base, pour une durée de trois mois. B. Compaoré s’est lui-même attribué le ministère de la Défense pour reprendre en main l’armée. Cela n’a toutefois pas mis fin aux mutineries et manifestations, qui contestaient aussi la situation politique et la nature du régime.

La crise politique ivoirienne a eu de fortes répercussions sur l’économie du pays en raison de la difficile circulation des marchandises. L’intensification de l’activité minière faisait de l’or le principal produit d’exportation, au détriment du coton dont le cours a chuté drastiquement.

Note positive, le Burkina Faso s’est illustré en devenant champion d’Afrique des cadets de football en janvier 2011 à Kigali.

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