![]() |
Retrouvez nos dernières parutions sur |
La préparation des élections présidentielle et municipales de l’automne a dominé l’agenda politique en 2011, ces scrutins ayant valeur de test à mi-parcours pour le gouvernement Borissov (GERB, droite). Boïko Borissov, qui espérait porter à la présidence son bras droit, le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur Tsvetan Tsvetanov, a abordé la campagne sur fond de popularité déclinante, de climat économique morose et de bilan anticorruption mitigé.
Malgré la reprise économique mondiale, la Bulgarie a enregistré une croissance nulle en 2010, notamment imputable à une contraction de la demande intérieure. Si le déficit extérieur a été réduit et le déficit budgétaire ramené à 3,2 % (4,7 % en 2009), l’inflation soutenue (4,9 %) et le taux de chômage élevé (11,2 % fin 2010) ont fragilisé le tissu social bulgare : en avril 2011, 44 % des ménages étaient contraints de limiter leur consommation d’électricité, d’eau et de chauffage ; 36 % de reporter leurs achats vestimentaires ; et 30 % enregistraient des retards dans le remboursement de leurs crédits.
Les fonds européens n’ont pas réussi à exercer un effet contracyclique, le taux d’absorption restant très faible en raison des difficultés à trouver des cofinancements publics et du manque d’expérience des municipalités. L’espoir d’une adhésion rapide à l’euro, une des priorités du gouvernement Borissov, s’est par ailleurs évanoui, tandis que les pouvoirs publics redoutaient un report de l’entrée dans l’espace Schengen au-delà de 2011. Toujours soumis à des mesures restrictives en matière d’accès au marché du travail de plusieurs pays européens, les Bulgares avaient le sentiment d’être traités en citoyens européens de seconde zone, un sentiment accentué par le très médiatisé rapatriement de Roms bulgares depuis la France à l’été 2010.
Désabusés, les électeurs ont assisté aux grandes manœuvres partisanes. L’année 2010-2011 a vu se fissurer les deux seules formations jusqu’alors parvenues à éviter des scissions, le Parti socialiste (PSB) et le Mouvement des droits et libertés (MDL). Le président sortant Georgi Parvanov (socialiste) a fondé en mai 2010 les Constructeurs de la Bulgarie contemporaine (CBC). En janvier 2011, le départ du numéro 2 du MDL, Kasim Dal, a ébranlé le parti, une organisation représentant les intérêts des Turcs de Bulgarie et critiquée pour son manque de transparence.
Hésitations et déceptions ont également dominé sur la scène extérieure. B. Borissov s’était engagé à reconsidérer les très coûteux projets énergétiques russo-bulgares de ses prédécesseurs : la construction d’une centrale nucléaire à Belene, la participation au gazoduc South Stream et à l’oléoduc Burgas-Alexandropolis. Dépendante de la Russie à 100 % pour son approvisionnement en uranium et à 90 % pour le gaz, la Bulgarie a finalement décidé de mener de front South Stream et son concurrent Nabucco soutenu par les États-Unis et certains États de l’Union européenne. En avril 2011, le Premier ministre a par ailleurs sollicité l’expertise de la banque HSBC concernant Belene, sans parvenir à convaincre sur sa capacité à développer une stratégie énergétique.
Pour avoir accès à 30 ans d'analyses et de données (statistiques, cartes, chronologies, etc.) sur ce pays et sur bien d'autres questions nationales et internationales, abonnez-vous à l'Encyclopédie de l'état du monde.