Botswana 2008-2009  

Vincent Bertout 
Mise en ligne : septembre 2009

Puritanisme au pouvoir

La première année de présidence de Seretse Ian Khama, au pouvoir depuis le 4 avril 2008, lui permettait d’imprimer sa marque sur la vie politique et les institutions du pays. Ancien militaire et fils du premier président du Botswana, Seretse Ian Khama souhaitait insuffler un vent de réforme pour permettre au pays d’atteindre le rang d’économie à revenus élevés. Il annonçait de vastes programmes d’investissement dans l’agriculture, les infrastructures, l’énergie et la santé pour réduire la dépendance du pays et faire face aux premiers signes de la crise.

Son style s’est exprimé par un certain puritanisme tant dans le domaine privé que dans sa gestion des affaires publiques. Appelant les citoyens botswanais à une recherche de l’excellence et au civisme, il a mis en place des programmes de lutte contre la criminalité et l’alcoolisme et des dispositifs de coordination police-armée. Ce rigorisme s’est traduit également dans la réforme de l’État. Bien que le Botswana soit reconnu pour sa gouvernance efficace, Serestse Khama prévoyait un vaste projet de simplification des procédures administratives et d’évaluation des fonctionnaires et des ministres, en créant un office de coordination des programmes publics. Ces mesures ont été prises pour contrebalancer les forts investissements dans les secteurs productifs, dénoncés par l’opposition comme relevant d’un État-providence « inefficace » et « coûteux ».

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