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Avec 64 % des voix lors de l’élection de décembre 2009, Evo Morales a commencé son deuxième mandat avec une forte légitimité. L'année 2010 n'a pas tant été marquée par les tentatives de déstabilisation d'une opposition politiquement affaiblie que par les conflits sociaux menés par les soutiens traditionnels du gouvernement. Le vote des lois pour la mise en œuvre du nouveau texte constitutionnel s’est révélé conflictuel. Les négociations avec le Chili afin d'obtenir un accès souverain à la mer ont connu un tournant en avril 2011, lorsque le président bolivien a déclaré ne pas exclure de faire appel à la Cour internationale de justice (CIJ) de La Haye. Son positionnement vis-à-vis des « révolutions arabes » (et surtout de la situation libyenne) restait ambigu.
En mai 2010, des manifestations violentes ont éclaté à Caranavi pour réclamer la construction d'une usine. En juillet, les indigènes des basses terres ont organisé une marche pour dénoncer le projet de loi des Autonomies, base de la structure du nouvel État plurinational. Ils revendiquaient de plus grandes prérogatives sur la gestion de leurs territoires. En août, le comité civique de Potosí est entré en grève pour réclamer plus d'investissements publics du pouvoir central, bloquant la ville minière pendant plus de deux semaines. En avril 2011, la Centrale ouvrière bolivienne (COB), réclamant une augmentation de 15 % des salaires, appelait au blocage des routes.
La fin de 2010 a vu se multiplier les protestations contre la « loi contre le racisme ». De nombreuses organisations de journalistes craignaient que cette loi « bâillon » soit utilisée pour porter atteinte à la liberté d'expression, et dénonçaient une dérive autoritaire du régime.
À la veille du jour de l'an, le gouvernement a eu la maladresse de promulguer un décret prévoyant la réduction des subventions aux carburants, alors que l'augmentation des prix des denrées de première nécessité était à l'origine de grandes manifestations. Malgré son abrogation, le « gazolinazo » a eu un coût politique pour un gouvernement qui se voulait le défenseur des intérêts populaires.
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