Azerbaïdjan 2010-2011  

Raphaëlle Mathey 
Mise en ligne : septembre 2011

Une situation plus rigide que stable

La politique interne a été caractérisé en 2010 par une stabilité apparente, la composition du gouvernement restant inchangée. Les élections législatives de novembre 2010 ont donné naissance – sans surprise – à un Parlement dominé par les représentants du parti au pouvoir et ses alliés (112 sièges sur les 125). L’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui a dénoncé des irrégularités au cours du scrutin, a conclu que l’élection ne constituait pas un véritable progrès pour le développement démocratique du pays.

Grâce à la manne pétrolière, les revenus du pays sont restés remarquablement positifs en cette période de crise économique (croissance de 3,7 % en 2010). Cependant, 11 % de la population vivait encore sous le seuil de pauvreté. Les écarts socioéconomiques, la corruption et les frustrations imposées par un régime affirmant une tendance autoritaire encourageaient les laissés-pour-compte à faire entendre leur revendications dans la rue. Des questions de société ont divisé l’opinion publique et attisé le mécontentement populaire, ainsi que l’a montré la mobilisation de décembre 2010 contre la loi interdisant le port du hijab (foulard islamique) à l’école.

Même si l’Azerbaïdjan n’était pas directement concerné par le risque de contagion des révolutions du « printemps arabe », ces événements ont néanmoins fortement secoué le pays. L’opposition traditionnelle, à laquelle s’est associé le Parti islamique (illégal), a profité de cette conjoncture pour organiser début 2011 plusieurs manifestations non autorisées. Celles-ci furent violemment dispersées par la police et accompagnées d’arrestations préventives et punitives. De nouveaux cas de journalistes battus et intimidés sont venus ternir, une fois encore, la situation des droits de l’homme. En réponse à cette vague de protestation et dans un souci d’apaisement, le gouvernement a mis en œuvre une série de mesures anticorruption, notamment en licenciant ou sanctionnant des responsables régionaux et des fonctionnaires impliqués dans des affaires.

Les nombreuses rencontres organisées en 2010 et début 2011 pour la résolution du conflit au Haut-Karabakh entre les présidents ou les représentants de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan, sous l’égide de la Russie ou du Groupe de Minsk de l’OSCE, n’ont enregistré aucun résultat concret à part quelques accords d’échange de prisonniers. Les discours belliqueux, de plus en plus violents du côté azerbaïdjanais, et le réarmement des deux parties ont été interprétés avec pessimisme des deux côtés.

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