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Le 1er mars 2011, Levon Ter Petrossian, leader du principal parti d’opposition, le Congrès national arménien (CNA), s’est adressé à une foule importante venue commémorer dans le centre d’Erevan l’anniversaire des manifestations antigouvernementales (10 morts dont un policier et 250 blessés) qui avaient suivi la proclamation des résultats contestés de l’élection présidentielle du 19 février 2008. Le premier président de la république d’Arménie (1991-1998) a pointé le risque de « moubarakisation » du pays, exigeant la démission du Premier ministre et la libération de « tous les prisonniers politiques » avant le 15 mars. Dans le même temps, un autre responsable politique, Raffi Hovanessian, dirigeant du parti « Patrimoine » et ancien ministre des Affaires étrangères (1991-1992), entamait une grève de la faim. Dans une conjoncture économique maussade, après une chute de 15 % du PNB en 2009, l’Arménie ne parvenait pas, avec une croissance de seulement 2,6 % en 2010 et une inflation de près de 10 %, à rompre avec la crise. L’opposition espérait ainsi engranger les fruits d’un mécontentement populaire exacerbé par l’élargissement du fossé entre riches et pauvres dans un pays livré à la corruption.
L’écho des révolutions arabes n’a pas provoqué pour autant la mobilisation espérée. Le 28 avril 2011, le CNA n’a rassemblé que 4 000 personnes dans la capitale. Le 27 mai, pourtant, deux figures de l’opposition étaient libérées dans le cadre de l’amnistie proclamée par les autorités, qui ont procédé à des libérations massives. Les analystes se perdaient en conjectures : ce geste des autorités était-il le résultat de la « pression populaire » ou la conséquence des « conseils amicaux » venus de Bruxelles et de Washington ?
Le 24 juin 2011 à Kazan (Russie), la rencontre entre les présidents arménien et azéri, destinée à trouver un compromis sur le Haut-Karabakh (territoire sécessionniste de l’Azerbaïdjan peuplé majoritairement d’Arméniens), avait été soigneusement préparée et semblait prometteuse. La communauté internationale, le Groupe de Minsk de l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe), le président russe Dmitri Medvedev, présent lors de la rencontre, s’étaient directement impliqués. L’échec n’en fut que plus cuisant, confortant tous ceux qui avaient exprimé leur scepticisme.
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