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En 2008 et au premier semestre 2009, la vie politique saoudienne était encore marquée par des interrogations sur la succession du roi Abdallah bin Abdulaziz al-Saoud. Annoncée en mai 2009 par l’opposition saoudienne exilée à Londres, l’aggravation de l’état de santé du prince héritier et ministre de la Défense et de l’Aviation, le prince Sultan bin Abdulaziz (81 ans), relançait les conjectures sur la désignation de son remplaçant. Pour de nombreux observateurs, plusieurs clans de la famille, notamment celui des Soudaïri, dont font partie le prince Sultan ou le ministre de l’Intérieur, le prince Nayef, se livraient une véritable guerre de succession. En théorie, un Comité dit « d’allégeance » devait désigner le nom du prince héritier, mais les Soudaïri estimaient que sa composition était trop favorable au roi Abdallah et à ses partisans.
La maladie du prince héritier constituait ainsi un facteur de blocage dans le lent processus de modernisation des institutions politiques et Riyad décida, sans surprise, en mai 2009, de reporter de deux ans les élections municipales prévues pour l’automne 2009. Ce scrutin, organisé pour la première fois en 2005 – et où seuls les hommes avaient le droit de se présenter – faisait partie des rares réformes accomplies par le régime ; son report illustrait néanmoins l’impasse du processus de démocratisation.
Ce blocage était d’ailleurs bien saisi par de nombreux intellectuels saoudiens puisque soixante-dix d’entre eux envoyèrent une lettre en mai 2009 au roi Abdallah le pressant de poursuivre le processus d’ouverture politique. Dans une pétition très médiatisée par la presse panarabe, ils réclamaient la mise en place d’un Parlement élu, la fin des tribunaux secrets et d’exception, ainsi que la limitation des postes gouvernementaux attribués aux princes et autres membres de la famille royale. Pour autant, ces signataires avaient évité de réclamer la constitution d’une monarchie constitutionnelle, revendication qui avait déjà valu par le passé la prison à certains intellectuels.
Au niveau international, Riyad demanda à plusieurs reprises à l’administration américaine de soutenir l’initiative arabe de 2002 proposant la normalisation des relations entre les pays arabes et Israël contre le retrait des troupes de l’État hébreu des Territoires occupés depuis 1967. L’Arabie saoudite appelait aussi le président Barack Obama à exercer des pressions, y compris financières, à l’encontre d’Israël pour que ce dernier stoppe les colonisations en Cisjordanie et accepte la création d’un État palestinien.
Enfin, sur le plan régional, l’Arabie saoudite remporta une victoire en convainquant trois de ses partenaires du Conseil de coopération du Golfe (CCG) d’accepter que la future Banque centrale du Golfe soit implantée à Riyad. Cette institution devrait piloter la création d’une monnaie unique partagée par le royaume wahhabite, le Koweït, le Qatar et Bahreïn.
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