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Les élections au Bundestag (Chambre basse du Parlement), prévues pour le 27 septembre 2009, étaient assorties de nombreux scrutins régionaux (Saxe, Sarre, Thuringe, Brandebourg). Cette échéance centrale était renforcée par la possible dissolution du gouvernement de grande coalition Union chrétienne démocrate (CDU)-Parti social démocrate (SPD) dirigé par Angela Merkel depuis 2004.
Avec la compétition électorale, nombreux furent les motifs de discorde entre les deux partenaires gouvernementaux. En effet, la CDU et le SPD s’étaient mis en ordre de bataille avec l’espoir de remporter les élections législatives et de gouverner avec leurs partenaires habituels, le Parti libéral (FDP, droite) et les Verts (écologistes). Les différents scrutins prirent valeur de test avec le renforcement du FDP et des Verts et l’établissement d’un bloc de gauche, Die Linke (la Gauche), organisé autour de l’ancien parti dirigeant de la République démocratique allemande (RDA).
La crise ouverte par les élections au parlement régional de Hesse, en janvier 2008, fut à cet égard révélatrice. La polémique autour de la tentation d’une partie du SPD hessois de diriger un gouvernement minoritaire avec les Verts et le soutien tacite de Die Linke conduisit à la dissolution du parlement régional et à l’organisation de nouvelles élections en janvier 2009, qui se traduisirent par un effondrement du SPD, une stabilisation de la CDU et de Die Linke et un renforcement conséquent du FDP et des Verts.
Dans l’intervalle, la Bavière connaissait un bouleversement considérable. À l’issue des élections régionales de septembre 2008, l’Union sociale démocrate (CSU, pendant et partenaire bavarois de la CDU) perdit la majorité absolue. Contrainte de s’allier avec le FDP, la CSU fut plongée dans une grave crise d’identité et connut un changement de direction.
Les principaux partis s’organisaient pour les prochaines élections générales alors qu’Angela Merkel apparaissait, pour la CDU, comme la candidate naturelle à sa propre succession. Le SPD pour sa part fut déstabilisé par la démission surprise, pour raisons personnelles, de son président et candidat pressenti, Kurt Beck, en septembre 2008. Franz Müntefering fut appelé à lui succéder à la présidence du parti et l’actuel et actif ministre des Affaires étrangères, Franz-Walter Steinmeier, fut investi candidat officiel du SPD à la Chancellerie. Ces tendances ont été confirmées par les résultats des élections européennes du 7 juin. Ce scrutin test à quelques mois de l’échéance électorale de septembre s’est traduit par une victoire mesurée de la CDU, surtout aux dépens de la SPD, par une stabilisation des Verts et de la Gauche et par une spectaculaire remontée du FDP. Ces résultats pourraient augurer d’un retour attendu à une coalition CDU-CSU-FDP à Berlin
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Alors qu’elle s’inscrivait depuis l’élection d’Angela Merkel en 2004 dans la continuité du plan de réforme sociale, Agenda 2010, initié par l’ancien chancelier Gerhard Schröder, la politique économique allemande connut de profondes inflexions. Ses objectifs initiaux de réduction des dépenses publiques et de réforme du marché du travail furent contrecarrés par les mesures énergiques prises pour répondre à la crise financière. De même, la perspective de sortie du nucléaire risquait d’être menacée par la dépendance énergétique et ses implications économiques et stratégiques.
Économie très fortement dépendante de ses exportations, l’Allemagne était particulièrement touchée par la crise économique et le gouvernement revoyait à la hausse, le 29 avril, l’impact d’une récession qui pourrait atteindre 6 %.
Dans cette optique, le gouvernement de grande coalition a adopté deux plans de relance successifs. Le premier, en novembre 2008, portait sur 31 milliards €. Le second, en janvier 2009, sur 50 milliards €. Mais, dans l’intervalle, le chômage grimpait, repassant la barre des 8 % fin 2008 et 8,6 % en avril 2009. Le seuil symbolique des 4 millions de chômeurs pouvait être atteint, voire dépassé en 2010.
Ces difficultés conduisirent certaines figures de l’économie allemande, comme le syndicat de la métallurgie IG Metall, voire le président de la Banque centrale Axel Weber, à s’interroger sur un modèle économique très dépendant des exportations et insuffisamment tourné vers la demande intérieure.
L’Allemagne confortait son engagement de long terme aux côtés de la communauté internationale et des États-Unis au premier chef dans la lutte contre le terrorisme (opération « Liberté immuable »depuis 2001) et, à plus forte raison, pour la stabilisation de l’Afghanistan. S’appuyant sur ses relations privilégiées mais franches avec la Russie, le pays s’engagea dans la résolution du conflit géorgien. De même, il contribua à la lutte contre la piraterie au large de la Somalie en privilégiant l’action européenne. En revanche, la position de l’Allemagne fut naturellement plus effacée sur le conflit à Gaza. Enfin, l’Allemagne coorganisa avec succès le sommet de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) de Strasbourg-Kehl (avril 2009).
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