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Le 9 avril 2009, Abdelaziz Bouteflika obtenait un troisième mandat présidentiel de cinq ans avec 90,24 % des suffrages (plus de 13 millions de voix sur un total de 14,4 millions exprimées), pour un taux de participation de 74,56 %. Quelques jours plus tard, le Premier ministre Ahmed Ouyahia était reconduit dans ses fonctions, avec un gouvernement pratiquement inchangé. Ce scrutin achevait une séquence très perturbée et riche en rumeurs, le président algérien n’ayant pas, à l’origine, le droit de briguer un troisième mandat.
Organisé le 12 novembre 2008, un référendum avait d’abord permis la révision de la Constitution avec la suppression de l’article limitant à deux le nombre de mandats présidentiels. Puis, après quelques semaines de faux suspense, Abdelaziz Bouteflika avait annoncé sa candidature. Face à cette élection « jouée d’avance », les principales figures de l’opposition politique algérienne décidèrent de ne pas se présenter. Parmi elles, Hocine Aït-Ahmed (Front des forces socialistes, FFS) et Saïd Sadi (Rassemblement pour la culture et la démocratie, RCD), ainsi que les anciens Premiers ministres Sid Ahmed Ghozali et Mouloud Hamrouche. À l’inverse, Louiza Hanoune, présidente du Parti des travailleurs (trotskiste), maintenait sa candidature et obtenait 4,5 % des suffrages.
Pour autant, la réélection d’Abdelaziz Bouteflika n’avait pas atténué toutes les interrogations et inquiétudes à propos de la stabilité du régime. L’état de santé préoccupant du président, obligé de se rendre régulièrement à l’étranger pour des soins, ainsi que l’intention prêtée à son frère et conseiller Saïd, un universitaire de 52 ans, de constituer un parti politique à l’automne 2009, sans oublier les informations témoignant de graves divergences entre la Présidence et les généraux algériens, constituaient autant de signes d’une future crise de succession dans laquelle, une fois encore, l’armée devrait jouer un rôle charnière.
Cette incertitude sur la capacité du président à mener son troisième mandat à terme était d’autant plus pesante que les actes de violence n’avaient pas cessé, avec des attentats régulièrement revendiqués par Al-Qaeda au Maghreb islamique ou des groupes islamistes armés n’ayant pas fait allégeance à l’organisation d’Oussama Ben Laden.
Les relations avec le Maroc ne se sont guère améliorées, la frontière demeurant fermée malgré les appels répétés des autorités marocaines pour son ouverture. Signe du blocage du processus d’intégration maghrébine, à Alger, comme dans les autres capitales maghrébines, le 20e anniversaire de la constitution, en février 1989, de l’Union du Maghreb arabe (UMA) passait totalement inaperçu. De même le gouvernement algérien a-t-il accueilli avec une grande réserve le projet d’Union pour la Méditerranée (UPM) lancé par le président français Nicolas Sarkozy lors du sommet de Paris du 13 juillet 2008. Pour Alger, c’était la dimension politique de cette Union, avec notamment la question du partage des souverainetés, qui posait problème, les officiels algériens souhaitant que l’UPM se limite à la seule mise en place de projets économiques régionaux.
Par ailleurs, la crise financière internationale provoquait un vif débat sur l’emploi et le placement à l’étranger des excédents budgétaires alimentés par la hausse des recettes pétrolières. De nombreuses personnalités, dont d’anciens ministres de l’Économie, mirent en garde contre le risque de dépréciation des quelque 60 milliards $ placés en bons du Trésor américains, s’attirant une fin de non-recevoir de la part du gouvernement. Ce dernier ne chercha guère à se justifier sur son refus de créer un fonds souverain qui, hausse des recettes pétrolières aidant, permettrait à l’Algérie de prendre des participations dans des entreprises occidentales à l’image des investissements réalisés par les fonds souverains du Golfe.
Dans le même temps, le premier semestre 2009 était marqué par la résurgence d’un discours économique protectionniste que la campagne électorale pour la présidentielle de 2009 n’expliquait qu’en partie. En janvier 2009, Alger annonçait que tout opérateur étranger souhaitant s’installer sur son sol devait ouvrir son capital à hauteur de 51 % en faveur d’un opérateur algérien. En mai 2009, c’est l’accord d’association signé avec l’Union européenne (UE) en avril 2002 qui faisait l’objet de violentes attaques de la part du Premier ministre. En effet, Ahmed Ouyahia jugeait que l’Algérie n’en n’avait rien retiré de positif, l’Europe n’acceptant qu’au compte-gouttes les exportations algériennes, hors hydrocarbures, et continuant à s’opposer à la candidature de son pays à l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Enfin, Alger a aussi dirigé ses critiques contre de nombreux investisseurs du Golfe, ces derniers étant accusés de ne pas avoir tenu leurs promesses malgré les aides et dispositions favorables qui leur avaient été consenties.
Pour de nombreux experts, les autorités algériennes, alertées par la gravité de la crise financière internationale, songeraient à freiner le rythme de libéralisation de l’économie en pariant de nouveau sur le secteur économique public auquel les discours des dirigeants algériens du début des années 2000 promettaient pourtant une rapide privatisation. Enfin, sur le plan social, émeutes et grèves ont continué à faire partie du décor avec un chômage réel dont le taux atteignait les 20 % (12 % selon les chiffres officiels).
Une statistique en dit long sur la réalité algérienne : plus d’un quart de la population vivrait sous le seuil de pauvreté alors que les performances macroéconomiques demeurent bonnes. En 2009, la croissance du PIB devrait atteindre 2,1 %. De même, les recettes pétrolières devraient reculer à 50 milliards $, contre 76 milliards $ en 2008 et 60 milliards $ en 2007.
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