Albanie 2008-2009  

Gilles  de Rapper 
Mise en ligne : septembre 2009

Adhésion à l’OTAN et accusations de corruption

Invitée en avril 2008 à rejoindre l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), l’Albanie en est devenue membre un an plus tard, en avril 2009. Dans la foulée, et dans la perspective des élections parlementaires de juin 2009, le gouvernement de Sali Berisha (Parti démocratique, PD), au pouvoir depuis septembre 2005, déposait officiellement, en avril 2009, une demande d’adhésion à l’Union européenne (UE). Au terme d'un scrutin marqué, selon l'opposition socialiste et les observateurs internationaux, par de nombreuses irrégularités, la majorité de centre-droit du Premier ministre Sali Berisha emportait de justesse les élections législatives du 28 juin 2009.

Ces avancées n’avaient pas réussi à masquer les difficultés rencontrées sur le plan intérieur : l’enquête sur l’explosion tragique (26 morts et 300 blessés), en mars 2008, d’une usine de munitions soupçonnée de couvrir un trafic d’armes et de munitions avec la bénédiction des autorités n’était pas facilitée par la mort du principal témoin en septembre 2008. Cette affaire remettait au premier plan la lutte contre la corruption, point faible du gouvernement qui en avait pourtant fait son cheval de bataille. Les accusations de corruption entouraient également le chantier de l’autoroute Durrës-Kukës, devant relier le littoral albanais au Kosovo, indépendant depuis le 17 février 2008.

Peu intégrée dans le système financier international, l’Albanie n’était pas directement confrontée à la crise financière de l’automne 2008. Mais le pays souffrait de la baisse des fonds transférés par les centaines de milliers d’Albanais travaillant à l’étranger.

Les bonnes relations avec les pays voisins – un accord de libre-échange avec le Kosovo et la Macédoine entrait en vigueur en janvier 2009 – pouvaient néanmoins pâtir du projet de construction, en collaboration avec la Croatie, d’une centrale nucléaire sur les rives du lac Shkodër. Ce projet visant à subvenir aux besoins énergétiques des deux pays et, au-delà, de la région était toutefois dénoncé par ceux qui estimaient que l’Albanie n’était pas prête à assumer une telle responsabilité.

Par ailleurs, des manifestations hostiles à l’État albanais dans la commune hellénophone de Himarë, en avril 2008, firent écho au contentieux gréco-albanais sur l’Épire et rappelèrent les enjeux émergents du tourisme dans cette zone littorale en plein essor.

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